Un Québécois suggère aux Canadiens emprisonnés à l'étranger de se faire entendre
Le vendredi 11 avril 2008MONTREAL - La pression politique est la seule façon pour les Canadiens emprisonnés à l'étranger d'obtenir l'aide nécessaire d'Ottawa, croit un Québécois qui a passé 363 jours dans des prisons haïtiennes.
Lors de sa première entrevue depuis qu'il est discrètement rentré au pays, il y a huit mois, Maxim Charbonneau a affirmé à La Presse Canadienne qu'il serait sans doute encore en prison en Haïti si son cas n'avait pas obtenu l'attention médiatique nécessaire pour faire bouger Ottawa.Selon lui, lorsque le gouvernement dit défendre les droits des citoyens, ce qu'il défend vraiment, c'est sa réputation.
Depuis son retour au Canada, M. Charbonneau suit attentivement les cas d'autres Canadiens emprisonnés à l'étranger, comme les frères Kohail de Montréal, arrêtés en Arabie Saoudite, et Brenda Martin, de Trenton en Ontario, emprisonnée au Mexique.
Entre 1700 et 1900 Canadiens seraient arrêtés à l'étranger chaque année, selon les statistiques du ministère des Affaires étrangères. La majorité des Canadiens emprisonnés le sont aux États-Unis. La Chine (58), le Japon (37) et l'Australie (37) font partie des autres pays comptant le plus grand nombre de Canadiens en prison.
La plupart des Canadiens arrêtés sont rapidement libérés, mais environ 1800 d'entre eux seraient actuellement en prison, la majorité pour possession ou trafic de drogue. Peu de ces cas attirent l'attention des médias.
Maxim Charbonneau a été soudainement relâché l'été dernier, sans explication, quelques jours avant la visite du premier ministre Stephen Harper à Haïti, en juillet. Le jeune homme de 21 ans a raconté qu'on lui aurait dit, non officiellement, qu'il avait probablement été relâché grâce à un appel du gouvernement canadien demandant aux autorités haïtiennes de s'occuper de son cas avant l'arrivée du premier ministre.
M. Charbonneau croit toutefois que l'attention de la presse et le soutien de sa famille ont provoqué sa libération.}






