Un comité suggère de juguler les augmentations de tarifs pour aider les démunis
Le vendredi 04 avril 2008MONTREAL - Réduire de 50 pour cent les tarifs du transport en commun, indexer les prestations sociales aux prix des aliments et du chauffage. Voilà quelques-unes des recommandations formulées par un comité pour lutter contre la pauvreté.
Le Comité consultatif de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, chargé de conseiller le gouvernement du Québec en la matière, vient de produire un document contenant 11 recommandations touchant essentiellement la tarification de tous ordres.Il souligne que les différentes hausses de tarifs, au fil des ans, peuvent saper les efforts qui ont été faits pour lutter contre la pauvreté, si rien n'est fait pour rééquilibrer les choses.
«Qu'il s'agisse de personnes âgées, de familles monoparentales, de prestataires d'aide sociale ou de travailleurs à faible revenu, les hausses de tarifs viennent fragiliser les personnes, affecter leur moral et rendre plus difficile leur accès aux loisirs, à la formation et même à l'emploi», a commenté jeudi le président du comité, Tommy Kulczyk.
En matière de transport en commun, par exemple, le comité conseille de réduire les tarifs de moitié d'ici 10 ans. Cette mesure coûterait au maximum 330 millions $ par année aux trois ordres de gouvernement, a calculé le comité.
Pour le coût du chauffage, il suggère de veiller à ce que toute augmentation des tarifs d'hydro-électricité, par exemple, soit compensée par un crédit d'énergie pour les ménages à faible revenu, en plus du remboursement de la taxe de vente du Québec.
Ce problème est aggravé par le fait que les ménages à faible revenu habitent souvent dans des logements moins bien isolés, moins bien entretenus. Le comité propose donc également de mettre dans le coup l'Agence de l'efficacité énergétique.
Quant aux diverses prestations sociales, le comité recommande de les indexer, mais en suivant la hausse des denrées essentielles, comme la nourriture, le transport, le chauffage, l'électricité et l'habillement.
Le comité rapporte qu'entre 2003 et 2007, les tarifs d'électricité ont crû de 13,5 pour cent, qu'entre 2000 et 2006, le prix du gaz naturel a grimpé de 37,2 pour cent et celui du mazout de 49,5 pour cent. Le coût du transport en commun au Québec a augmenté de 29,2 pour cent, entre 2000 et 2006, selon le comité. Les denrées alimentaires ont augmenté de 11,1 pour cent en deux ans.
M. Kulczyk se défend de vouloir empêcher toute hausse des tarifs d'électricité si telle est la décision de la Régie de l'énergie. «Nulle part on dit que le gouvernement ne devrait pas augmenter les tarifs d'électricité; c'est un choix de société. Ce qu'on dit, c'est s'il y a augmentation - et si on se fie à la tendance, il y aura augmentation - c'est de mettre en place des mesures pour s'assurer que les pauvres ne s'appauvrissent pas», a-t-il affirmé.
A Québec, le ministre responsable du dossier, Sam Hamad, a fait valoir qu'il fallait examiner dans son ensemble le plan québécois de lutte à la pauvreté et convenir que la situation s'est améliorée au cours des dernières années.
«Si je tiens compte de l'augmentation du coût de la vie, le revenu d'une famille monoparentale a augmenté de 10 pour cent depuis 2003», a-t-il dit, en point de presse.
Il a noté que Québec consacrait 2,5 milliards $ en 2004 pour lutter contre la pauvreté, et qu'aujourd'hui «on est rendu à 3,2 milliards $».}






