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Le SPVM fait de nouvelles arrestations et ferraille en cour face aux médias

Le jeudi 24 avril 2008

MONTREAL - Des policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont effectué des saisies mercredi dans plusieurs réseaux de télévision et de quotidiens, désireux de mettre la main sur des images susceptibles de faire avancer l'enquête sur les méfaits commis après le match gagnant des Canadiens, lundi.

Cette initiative a été dénoncée par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) qui fait valoir que les journalistes ne sont pas des auxiliaires de la police et qu'il en va de leur crédibilité et de leur sécurité.

Les perquisitions ont été menées à Radio-Canada, La Presse, The Gazette, CTV, Global, Le Journal de Montréal et TVA-LCN. Ceux-ci entendent contester en cour cette façon de faire. Ils étaient là, en après-midi, en Cour supérieure, devant le juge Jean-Guy Boilard, mais l'audition n'a pas eu lieu. Une date pour ce faire sera fixée vendredi. D'ici là, le juge a émis une ordonnance interdisant aux policiers de faire sauter les scellés.

Dans le cas de La Presse, aucun matériel n'a été remis aux policiers, a indiqué l'avocat Erick Vanchestein. «On leur a dit qu'on voulait réfléchir, regarder la légalité du mandat de perquisition. On a demandé quelques heures», a-t-il précisé.

Pour sa part, la société Radio-Canada a précisé avoir remis volontairement aux policiers les séquences diffusées, mais a placé sous scellés toutes les autres, jusqu'à ce qu'un débat à ce sujet se tienne devant le tribunal, a indiqué la porte-parole, Guylaine O'Farrell.

Par ailleurs, des photos et vidéos fournies volontairement par des citoyens ou encore aperçues dans les médias et identifiées par des citoyens ont permis, mercredi, d'arrêter sept suspects, tous des adultes.

Parmi eux, se trouvent un homme de 33 ans accusé d'incendie criminelle, agression armée, méfait et bris de condition et un deuxième de 23 ans, accusé de méfait. Ces sept suspects s'ajoutent aux 16 déjà interpelés.

«Les citoyens ont été nombreux à transmettre photos et vidéos prises lundi», a indiqué mercredi le responsable des relations avec les médias pour le SPVM, Ian Lafrenière qui souhaite que le flot continue. Une adresse de courriel y est spécifiquement consacrée. Il s'agit de coupe.stanley@spvm.qc.ca

Ce matériel s'ajoutera aux photos et films déjà trouvés sur YouTube.

«Certains vandales se sont filmés, trouvant que c'était édifiant de mettre ça sur Internet. Aujourd'hui cela nous sert. Lundi on a vu des gens qui étaient fiers de faire la casse, qui se montraient fièrement, ça se revire contre eux. J'ose espérer que les gens vont y penser à deux fois afin de commettre de tels crimes», a commenté M. Lafrenière.

Le bilan actuel du grabuge s'établit à 20 arrestations, dont une concerne un mineur, une autre est relative à une agression armée, et une autre à une entrée par effraction dans un commerce; la démolition de 16 véhicules de police; des vols et du vandalisme dans 10 immeubles et un véhicule privé.

Pour la suite des choses, le Club de hockey Canadien sera mis à contribution plus tôt que prévu, compte tenu des événements de lundi. Des messages de prévention devraient bientôt être mis en ondes. Ceux-ci étaient prévus, mais pour plus tard.

Quant à l'hypothèse discutée en long et en large depuis lundi, la fermeture du centre-ville les soirs de matchs, elle est écartée, pour le moment.

«On va tout faire pour minimiser les dommages. On ne fermera pas tout le centre-ville à cause d'une minorité de gens», a indiqué Paul Chablo, chef de la division des communications.

Pour ce qui est des propriétaires des commerces autour du Centre Bell, des policiers s'employaient mercredi à les rencontrer, un à un, afin de leur suggérer des façons de protéger leurs biens.

Il reste que la prolifération des téléphones cellulaires à l'aide desquels des photos et vidéos peuvent être prises force les policiers à ajuster leur stratégie visant à assurer la sécurité des gens et des biens.

Le directeur des opérations du SPVM, Pierre-Paul Pichette, estime qu'ils ont servi de bougies d'allumage. Cette opinion est partagée par une équipe de chercheurs au sein du corps policier. Ils croient que le fait de se sentir filmés a causé de l'excitation chez certains et les a amenés à s'adonner à divers débordements.

L'équipe policière du SPVM chargée des communications a d'ailleurs réuni mercredi les responsables techniques des réseaux de télévision afin de voir comment ils pouvaient faire leur travail sans stimuler certaines têtes chaudes.

«Dès que nos casseurs voient des personnes qui prennent des photos et des vidéos, ça leur donne une occasion d'en faire plus. Les cellulaires nous aident, mais en même temps créent une certaine forme d'excitation chez ceux et celles qui ont fait du grabuge», a avancé M. Pichette.

«En 1993, la foire a débuté quand les cars de reportage télé ont été la cible», a-t-il dit, rappelant l'émeute qui a suivi la victoire de la coupe Stanley par les Canadiens cette année-là.}

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