La police de Montréal affirme avoir été la cible de groupes organisés
Le mercredi 23 avril 2008MONTREAL - Des incendiaires fortement organisés ont tiré profit des célébrations spontanées ayant suivi la victoire du Canadien de Montréal, lundi soir, pour s'en prendre violemment à la police, ont affirmé mardi les autorités policières.
Les démonstrations de soutien au Canadien à la suite de la victoire remportée lors du septième et dernier match de la série disputée face aux Bruins de Boston ont pris fin tôt mardi, après que 16 voitures de patrouille eurent été démolies, parmi lesquelles cinq incendiées.Bien que 10 immeubles et un véhicule civil eurent aussi été endommagés, la police a reconnu que la violence avait essentiellement été dirigée à son endroit.
«Ces jeunes gens étaient organisés afin de commettre des actes criminels, des méfaits et mettre le feu à des voitures de police», a déclaré le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Yvan Delorme.
«C'était une espèce d'organisation - quelqu'un surveillant, quelqu'un mettant le feu à la voiture, quelqu'un s'occupant des autres», a-t-il ajouté.
Le degré général d'organisation pourrait avoir été relatif. Un marchand a affirmé que des pilleurs avaient pris la fuite avec 14 chaussures de course de luxe présentées en vitrine, toutes du pied droit.
La soirée s'est soldée par l'arrestation de 16 individus, dont trois mineurs. Quatre d'entre eux ont été remis en liberté, mardi, après être comparus en cour. Les 12 autres ont reçu des sommations à comparaître.
Aucune blessure sérieuse n'a été rapportée, mais les dommages causés aux véhicules de police pourraient atteindre une valeur de 500 000 $.
«Je trouve déplorable que les événements [de lundi soir] aient terni les célébrations et la réputation de Montréal», a affirmé Claude Dauphin, conseiller municipal chargé du dossier de la sécurité publique.
Questionné à son retour d'Haïti à l'aéroport Trudeau, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a refusé de jeter le blâme sur les forces policières, mais a insisté pour que la lumière soit faite sur les événements de lundi.
«On ne peut pas permettre à un petit groupe de personnes de vandaliser le domaine public et des autopatrouilles de la police, et je peux vous dire que cela a un impact sur l'image de Montréal», a déclaré M. Tremblay.
Par voie de communiqué de presse, le Club de hockey Canadien a fait savoir qu'il «déplore les méfaits et les actes de vandalisme causés par des petits groupes d'individus» à la suite de la victoire de 5 à 0 aux dépens des Bruins de Boston.
«Les succès des Canadiens en séries éliminatoires procurent de grands moments d'émotions et de festivités et nous sommes reconnaissants de l'appui incomparable de nos partisans. Nous souhaitons que les manifestations se déroulent dans la joie et le respect de l'esprit sportif qui nous rassemble», a déclaré Pierre Boivin, président du club.
«Nous demandons à nos partisans de célébrer avec un grand sens civique comme ils le font si bien à l'intérieur du Centre Bell», a-t-il ajouté.
A la lumière des émeutes ayant eu lieu à Montréal à la suite de précédentes victoires du Canadien en finale de la coupe Stanley, les événements survenus lundi soir sont particulièrement préoccupants, la victoire de lundi n'ayant assuré à l'équipe qu'une participation en deuxième ronde des séries éliminatoires.
N éanmoins, les débordements de lundi étaient moins sérieux que de nombreux incidents ayant eu lieu par le passé, notamment à la suite de la victoire du Canadien lors de la finale de 1993 ou encore après la défaite des Canucks de Vancouver, l'année suivante.
L'une et l'autre de ces émeutes avaient donné lieu à des millions de dollars de dommages, des douzaines d'arrestations et de nombreuses blessures.
Le SPVM avait préparé un plan d'intervention en fonction de chaque ronde éliminatoire, s'attendant à une escalade des comportements violents.
«Nous allons revoir ce plan», a affirmé Pierre-Paul Pichette, directeur adjoint du service policier.}






