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PQ: il n'y aurait plus de référendum obligatoire dès que possible en 1er mandat

Le jeudi 06 mars 2008

MONTREAL - La chef péquiste Pauline Marois veut se débarrasser du boulet que constitue l'obligation de tenir un référendum dans un premier mandat et a présenté à cette fin, mercredi, un cahier de propositions qui suggère plutôt de poser des gestes en vue de jeter les bases d'un Québec souverain.

Ces propositions, qui touchent, outre la question de la souveraineté, l'éducation, la famille, la santé, l'économie et l'environnement, seront présentées aux militants péquistes lors du conseil national du parti, les 14, 15 et 16 mars prochains, à Saint-Hyacinthe.

Mme Marois avait posé comme condition à son retour en politique, l'an dernier, de mettre un terme à l'obsession référendaire qui avait pesé lourd dans la défaite de son prédécesseur, André Boisclair.

Ce cahier de propositions engagera un éventuel gouvernement du PQ à entreprendre ce qui est appelé une «conversation nationale» sur la souveraineté, à instituer une citoyenneté et une constitution québécoise, à renforcer le statut de la langue française et à assurer la pleine intégration des immigrants.

«Nous sommes un parti souverainiste, nous allons nous reconcentrer justement sur le débat autour du projet de pays, autour du projet du Québec et la gouvernance nationale, c'est de nous assurer que le Québec progresse, avance, récupère des pouvoirs, que sur tous les fronts, nous occupons pleinement le terrain jusqu'à ce que nous soyons souverains», a précisé Mme Marois.

En éducation, les enseignants auraient à subir un examen national avant de pouvoir travailler. En matière de santé, le texte péquiste de 67 pages semble prudent mais n'est guère sympathique à la proposition de franchise contenue dans le rapport Castonguay sur le financement du réseau.

Le nouvel article 1 du programme du PQ pourrait proposer onze gestes de gouvernance nationale pouvant être réalisés dans le cadre de la Constitution canadienne.

Plusieurs de ces propositions et d'autres émanant des différentes instances régionales du parti impliquent toutefois le rapatriement de pouvoirs et, donc, des négociations serrées avec le gouvernement fédéral qui risquent de présenter des écueils insurmontables.

Ainsi, par exemple, certaines associations de comté suggèrent d'abolir le poste de lieutenant-gouverneur, de rapatrier les pouvoirs du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) ou encore de créer une Force nationale de paix oeuvrant au sein des missions de paix de l'ONU.

Certaines propositions représentent une curiosité, comme celle émanant du Conseil exécutif national lui-même à l'effet de «réorienter résolument l'enseignement du français vers l'acquisition de la langue standard québécoise écrite et parlée», cette langue standard québécoise n'étant nulle part définie.

La réaction gouvernementale n'a pas tardé: à Québec, le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, a qualifié de malhonnête la stratégie souverainiste de Pauline Marois.

M. Pelletier a accusé Mme Marois d'entretenir la confusion sur ses véritables intentions. «Mme Marois n'a pas le courage qu'ont eu les Jacques Parizeau avant elle, et ses prédécesseurs, René Lévesque notamment, de nous dire qu'il y aura un référendum et de nous donner l'échéancier. A mon avis, on est en présence d'une démarche qui est insidieuse, qui n'est pas suffisamment honnête.»

Le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, a cependant eu une réaction diamétralement opposée à celle du ministre Pelletier, applaudissant la démarche de Mme Marois dans laquelle il a dit voir un changement salutaire.

M. Dion a invoqué les astuces et les «cages à homard» de l'ancien chef péquiste, Jacques Parizeau, pour indiquer que l'approche de Mme Marois était, au contraire, honnête et responsable. «Si Mme Marois nous dit [...] qu'elle va essayer de convaincre les gens qu'on serait plus heureux nous les Québécois si on n'était pas canadiens, une fois qu'elle nous aura convaincus il sera toujours temps de tenir son référendum; ça m'apparaît la bonne procédure.»

Lors d'une conférence de presse à Montréal, le chef de l'opposition officielle à Québec, l'adéquiste Mario Dumont, a trouvé une nouveau surnom pour les péquistes: les «conversationnistes».

«On a franchement l'impression que Pauline Marois n'a pas écrit ça avec son coeur, qu'elle a écrit ça avec ses sondeurs, a-t-il ironisé. [...] On n'a pas souvent vu le Parti québécois, dans son histoire, mettre sur la table des documents, des propositions avec aussi peu de conviction.»

M. Dumont croit que le PQ s'est inspiré des idées de son parti, mais à mauvais escient.

«On comprend tous qu'ils sont des saboteurs de la vision autonomiste, a-t-il lâché. Ce qu'ils veulent, c'est piger dans le buffet de l'autonomie, pas pour que ça marche, mais pour prouver que ça ne marche pas, dans l'espoir que ça redonne une vitalité ou une nouvelle énergie à leur véritable option.»

Le conseil national du PQ aura lieu en même temps que le conseil général de l'ADQ, à Laval, une semaine après le congrès du Parti libéral. Les deux partis d'opposition auront à décider s'ils appuieront le budget qui aura été déposé quelques jours plus tôt par la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget.}

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