Marois estime que la situation du français fait généralement du surplace
Le vendredi 07 mars 2008MONTREAL - La chef du Parti québécois Pauline Marois évalue que la situation du français au Québec fait généralement du surplace bien qu'elle se soit améliorée à certains égards, à la lumière des données brutes quinquennales rendues publiques mercredi par l'Office de la langue française du Québec.
«Ce que l'on constate, et on est encore à analyser les études avec nos petites équipes de recherche, est qu'on fait du surplace par rapport à ce qu'on a vu dans les années passées. Oui, il y a eu un léger progrès ici, un léger progrès là, mais ce n'est pas ce qu'on devrait faire», a dit Mme Marois, jeudi, au cours d'une conférence de presse.«S'il est vrai que le rapport renferme des données positives, il est néfaste cependant d'occulter, voire d'amoindrir, certains constats, ce à quoi s'est adonné le gouvernement Charest dans les dernières semaines», a dénoncé Mme Marois.
«Nous accueillons des immigrants qui parlent déjà le français, ce qui devrait se traduire dans la francisation du Québec et de Montréal en particulier. Les données contenues dans le suivi quinquennal de l'Office québécois de la langue française viennent au contraire me donner raison. Trente ans après l'adoption de la loi 101, il faut la renforcer», a-t-elle soutenu.
Mme Marois est particulièrement inquiète de la baisse du français comme langue d'usage au Québec, des transferts linguistiques qui continuent de se faire majoritairement vers l'anglais, même si la situation s'améliore, et de ce que le français ne soit toujours pas la langue normale de travail à Montréal. Elle se dit d'avis qu'il y a là de quoi faire sortir le premier ministre Jean Charest de «sa torpeur et sa béatitude jovialiste».
Mme Marois se demande finalement si la présidente de l'Office, France Boucher, ne joue pas un jeu politique en ne tirant pas les conclusions qui s'imposent. «On a l'impression actuellement que l'Office est à la solde des intérêts du gouvernement et c'est inacceptable», a-t-elle dit.
Pour sa part, le député Pierre Curzi a insisté pour que les résultats des recherches menées pour l'Office de la langue française, totalisant 1200 pages, soient mis en forme afin qu'il soit possible d'en dégager un portrait cohérent, des lignes dominantes permettant l'action.
Il voit aussi dans le refus de Mme Boucher de faire un bilan de la situation soit de l'incompétence, soit un bâillon qui serait le produit de pressions politiques.
Mme Marois penche vers «une mainmise» du premier ministre Charest ou de la ministre responsable du dossier de la langue française, Christine Saint-Pierre.}






