Claude Dubois furieux du sort que lui a réservé la CBC
Le vendredi 07 mars 2008MONTREAL - La société Radio-Canada est là pour promouvoir les deux cultures et toutes les autres, pas pour les étouffer, a fait valoir jeudi le chanteur Claude Dubois, toujours en colère contre la CBC.
Dans l'émission télé tirée du gala du Panthéon, diffusée lundi partout au Canada, le montage fait par la CBC avait fait disparaître tous les chanteurs québécois présents à Toronto, dimanche, et qui avaient été invités à titre d'auteurs et compositeurs de chansons. La cérémonie avait duré trois heures et l'émission qui en a été tirée une heure.L'auteur de «Trop près trop loin» est d'autant plus furieux que dans le discours prononcé au gala, il avait pris le soin de parler de l'opportunité d'un rapprochement entre les artistes francophones et anglophones.
«J'ai mentionné ça avant d'apprendre que nous étions des "aliens". Si je l'avais appris avant, mon discours n'aurait pas été le même», a-t-il commenté au cours d'une entrevue.
«Quand on m'a offert le Panthéon canadien, on m'a assuré que ce n'était pas politique. C'était une fausse information. C'est excessivement politique. Quand vous retirez une culture d'un gala, ça va très loin au niveau de l'échelle politique, au-delà du racisme. C'est comme si on disait : nous souhaitons avoir le Québec sans les Québécois dedans», a avancé un Dubois manifestement furieux.
«Ils nous font disparaître. Je le prends très mal. C'est une insulte et je n'avais pas besoin de ça. Je n'ai rien demandé à personne. Je n'ai jamais quêté ou demandé une médaille à Toronto», a-t-il poursuivi.
«Imaginez l'inverse. Imaginez qu'on fasse un gala important où on invite plein d'artistes anglophones et qu'on les retire de l'antenne parce qu'ils sont anglophones. Nous, on appelle ça du racisme. Un racisme linguistique. Si CBC n'était pas en mesure de présenter tout le gala, il pouvait présenter des extraits et saluer la présence des gagnants. Je ne cherche pas à me faire connaître au Canada anglais, je cherche à ce qu'on me respecte comme francophone, de la même façon que je respecte les anglophones, pas plus pas moins», a-t-il ajouté.
Finalement, Claude Dubois a un conseil pour la CBC: «s'ils ne peuvent pas faire les choses correctement, qu'ils ne le fassent pas, qu'ils nous laissent tranquilles».
Du côté de la CBC, on soutient qu'il ne faut rien voir d'autres que des considérations de programmation.
«L'émission se voulait un effort pour refléter un gala de trois heures en 44 minutes», a indiqué un porte-parole de la CBC, Jeff Keay.
«Avec les organisateurs du Panthéon, nous avons réalisé qu'il était impossible de conserver les prestations de tous et de chacun et nous nous sommes entendus sur ce qui devait être retenu.»
M. Keay a mentionné que le long hommage rendu à la légende du jazz Oscar Peterson, décédé en décembre, a réduit grandement le temps disponible pour les autres performances. En outre, CBC a dû prendre en compte son public propre.
«Il s'agissait d'une émission sur le réseau anglais télé de Radio-Canada destinée à un auditoire anglophone», a avancé M. Keay.
«La décision prise de concert avec les organisateurs a été de mettre l'accent sur les musiciens et la musique les plus familiers au public anglophone», a-t-il ajouté.}






