Arabie saoudite : un choc pour la famille du Canadien condamné à mort
Le mercredi 05 mars 2008MONTRÉAL - Le père d'un Montréalais condamné à mort en Arabie saoudite a eu un choc lorsqu'il a appris la condamnation de son fils, trouvé coupable de meurtre lundi. Ali Kohail était certain que son fils éviterait l'exécution et qu'il n'irait peut-être même pas en prison.
M. Kohail avait de bonnes raisons d'être optimiste. Quelques jours avant l'annonce de la sentence, il avait affirmé à Maurice Mansour, un ami montréalais, qu'un représentant de l'ambassade canadienne en Arabie saoudite l'avait appelé pour lui dire que son fils serait bientôt libre. Lorsque le contraire s'est produit, il a ressenti tout un choc.Un porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères n'a pu confirmer que l'appel a bien eu lieu, pour des raisons de confidentialité.
M. Kohail a raconté à Mahmoud Al-Ken, un journaliste d'une station de radio montréalaise de langue arabe, que le juge chargé du procès avait dit aux avocats que son fils ne serait probablement pas condamné à mort.
La famille prévoit utiliser tous ses droits d'appel, mais demeure peu optimiste. Le ministre des Affaires étrangères, Maxime Bernier, a assuré que le gouvernement est prêt à aider la famille dans le processus d'appel.
«Nous sommes très désappointés du verdict de première instance en ce qui concerne ce cas, a affirmé M. Bernier lors de la période de question à la Chambre des communes, mardi. Le premier ministre, la secrétaire d'État et moi-même avons parlé de la situation avec les autorités de l'Arabie saoudite et nous sommes prêts à aider la famille pour que le processus d'appel puisse avoir lieu.»
Pendant des années, le Canada demandait systématiquement aux gouvernements étrangers de faire preuve de clémence lorsque des Canadiens faisaient face à la peine de mort. Les conservateurs ont toutefois modifié cette position et ne demandent plus automatiquement que la peine soit commuée lorsque des Canadiens sont condamnés lors de procès justes dans des pays démocratiques.
Le gouvernement a notamment choisi de ne pas intervenir lorsque l'Albertain Ronald Allen Smith a été condamné à la peine de mort aux États-Unis.
«C'est ça le problème, souligne le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe. On évoquait à ce moment que [dans certains cas], on le fera et pour d'autres, on ne le fera pas. Au niveau de la diplomatie, c'est créer des impairs impardonnables.»
«Ce qu'on fait en Arabie saoudite, c'est un cas précis, c'est un cas d'espèce, un cas unique, et nous avons dit que nous allions évaluer les cas, cas par cas», s'est défendu Maxime Bernier.}









