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Rapport sur l'agriculture: l'UPA rugit, Greenpeace se réjouit

Le mercredi 13 février 2008

MONTREAL - L'Union des producteurs agricoles rue dans les brancards devant la recommandation de briser son monopole syndical, formulée par les auteurs du rapport de la commission sur l'avenir de l'agriculture.

En entrevue, le président de l'UPA, Christian Lacasse, s'est élevé contre cette recommandation, sortie de nulle part selon lui.

«Je ne comprends pas qu'on retrouve ça dans ce rapport-là. La commission est allée bien au-delà de son mandat. La représentation des producteurs, au Québec, n'était pas un enjeu. Ca n'a aucune espèce de bon sens», s'est exclamé M. Lacasse.

Il affirme que 94 pour cent des 44 000 producteurs agricoles du Québec adhèrent à son organisation syndicale et qu'ils le font par choix, par nécessité.

Il se voit mal devoir lutter contre d'autres syndicats, disperser ses efforts, alors qu'il devra mobiliser les producteurs agricoles pour s'adapter à la nouvelle vision qu'on veut donner à l'agriculture québécoise.

«C'est un non-sens. C'est contre-productif», s'écrie M. Lacasse, qui y voit un «affaiblissement» du syndicalisme agricole, un «effritement».

Pour ce qui est des autres recommandations du rapport, M. Lacasse trouve par exemple incohérente l'idée de donner plus de pouvoirs aux MRC en matière de protection du territoire agricole.

Il préfère justement voir une Commission de protection du territoire agricole plus neutre, qui sera moins sujette aux pressions en vue de dézoner les terres agricoles. Il rappelle qu'à peine 2 pour cent du territoire du Québec est zoné agricole.

Greenpeace

Le groupe écologiste Greenpeace, de son côté, voit ni plus ni moins qu'un «moment historique pour l'agriculture québécoise» dans ce rapport. «C'est un tournant écologique», a opiné son porte-parole Eric Darier, joint à Barcelone. «C'est audacieux et à la fois structurant.»

M. Darier se réjouit notamment de la recommandation sur l'étiquetage obligatoire des OGM, de la fin du monopole syndical de l'UPA et du nouveau modèle agricole proposé, plus axé sur l'écologie.

«Le rapport de la commission est un très bon pas vers un changement de politique. La balle est dans le camp du gouvernement; ça va être au gouvernement de mettre en place ces recommandations, afin de faire avancer l'agriculture au Québec», a-t-il résumé.

«Pour ce qui est de l'étiquetage obligatoire des OGM, ça confirme qu'il y a un très large consensus, à la fois à l'Assemblée nationale, à la fois parmi les commissaires, qu'on doit obtenir l'étiquetage obligatoire des OGM», a commenté le porte-parole de Greenpeace, qui fait partie du Réseau québécois contre les OGM.

Quant au monopole syndical de l'UPA, si Greenpeace se réjouit que la commission recommande de le briser, c'est parce qu'il juge «tout à fait légitime que les agriculteurs puissent avoir ce choix» de leur représentant syndical. «Ca ne peut qu'améliorer le débat sur le type d'agriculture», grâce à la diversité des points de vue, a fait valoir M. Darier.

Autres

Le groupe Solidarité rurale, quant à lui, salue la «vision novatrice» proposée par le rapport et le «nouvel équilibre» qu'il propose entre les citoyens, les agriculteurs, les transformateurs alimentaires et les collectivités.

«Pour nous, ce rapport est une main tendue à tous les acteurs pour relancer ce secteur tout en recherchant le bien commun. Le statu quo n'est plus soutenable», écrit son président Jacques Proulx dans un communiqué.

La Coop fédérée se réjouit du fait que «la souveraineté alimentaire» soit au coeur du rapport de la commission - bien que personne ne semble donner le même sens à ce concept de souveraineté alimentaire.

Son président, Denis Richard, s'est notamment dit heureux que les commissaires aient réitéré leur appui au système de gestion de l'offre et à la mise en marché collective des produits agricoles.

Le son de cloche est tout autre à l'Institut économique de Montréal, où le chercheur associé Sylvain Charlebois trouve que le rapport n'est pas allé assez loin à ce chapitre. L'institut prône carrément la fin des quotas et du mécanisme de gestion de l'offre, pour une plus grande libéralisation des marchés.

M. Charlebois se félicite cependant de la fin du monopole syndical de l'UPA, «une audace des commissaires qui est hors du commun».}

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