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Paul Gérin-Lajoie dénonce la détérioration de l'enseignement du français

Le lundi 18 février 2008

MONTREAL - L'ancien ministre de l'Education Paul Gérin-Lajoie a dénoncé dimanche la détérioration de l'enseignement du français.

«Je suis très fâché de voir que le ministère de l'Education, au cours des années, diminue ses exigences à l'égard du français», a-t-il fait savoir en marge d'une sortie publique en faveur du maintien des commissions scolaires.

Instigateur d'une fondation en alphabétisation qui porte son nom et de la Dictée PGL, l'ancien homme politique âgé de 87 ans a notamment fait référence à la liste des mots que les élèves du primaire doivent apprendre.

«Je trouve que ça minimise les besoins de formation des jeunes. Je trouve qu'il faut être plus exigeant.»

Il a critiqué le souci de toujours répondre aux préoccupations que soulèvent les enfants moins doués. Ainsi, le ministère, qui se donne pour mission d'assurer l'éducation de tous, en est venu à proposer «un moule uniforme» pour l'ensemble des enfants.

«C'est un défi aux enseignants et un défi aux écoles. Comment faire en sorte que les enfants normalement doués, et un peu plus, ne soient pas sacrifiés pour répondre aux besoins des enfants moins doués?»

Plus tôt en février, la ministre de l'Education, Michèle Courchesne, a à ce propos dévoilé un nouveau plan, avec 22 mesures visant à faire de l'apprentissage du français écrit une priorité absolue, tant pour les élèves que pour les enseignants. Mme Courchesne a imposé un virage majeur à la réforme de l'éducation, en misant désormais sur les méthodes classiques d'apprentissage de connaissances, plutôt que l'acquisition de compétences.

M. Gérin-Lajoie en a d'ailleurs profité dimanche pour décocher une flèche à l'encontre de la réforme de l'enseignement, sans toutefois prendre de position ferme. Selon lui, il ne faut pas tout recommencer à zéro, mais il ne faut pas non plus tout simplement mettre en oeuvre la réforme telle que prévu à l'origine.

«Quand j'entends le ministère et les fonctionnaires parler de programme de compétences, je me dis que la première compétence est celle qui émane des enfants, qui manifestent spontanément de la compétence, en raison de leurs dispositions personnelles, de leur curiosité.»

Il a rappelé que la qualité du français est l'affaire de tous, notamment des médias.

Enfin, il s'est réjoui de voir que l'éducation revient dans le débat public, après «l'essoufflement» qui a suivi la Révolution tranquille, ainsi que la montée des préoccupations en matière de santé.

«La santé est d'une importance capitale, mais il y a aussi l'éducation et il faut s'intéresser aux deux domaines en parallèle.»}

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