Le budget fédéral néglige le Québec, estime la chef du PQ Pauline Marois
Le jeudi 28 février 2008BROSSARD - Le gouvernement doit recourir à une réserve de 1,1 milliard $ pour équilibrer son prochain budget, ce qui rend difficile le dépôt d'exigences financières, a déclaré mercredi la chef du Parti québécois, Pauline Marois.
Selon Mme Marois et son porte-parole aux dossiers des finances, François Legault, sans cette somme, le prochain budget provincial, qui doit être déposé le 13 mars, serait déficitaire.Les deux représentants du PQ ont affirmé que le gouvernement prévoyait maintenir ses finances à flot grâce à une réserve financière provenant de gains non récurrents d'Hydro-Québec.
La mise à jour économique et financière déposée en décembre par Québec indique qu'une somme de 1,1 milliard $ servira à empêcher un déficit équivalent pour le budget de l'exercice 2008-2009, a dit M. Legault.
Selon Mme Marois, cette situation résulte de la mauvaise gestion du gouvernement des libéraux et rend difficile le dépôt d'exigences financières pour que le PQ appuie le prochain budget.
Le deuxième groupe d'opposition à l'Assemblée nationale a cependant identifié des besoins d'investissements pour les familles, l'éducation et l'économie, notamment pour les secteurs manufacturier et forestier.
«Il existe des besoins cruciaux qui n'ont pas de réponse à l'heure actuelle», a déclaré Mme Marois lors d'un point de presse en compagnie de M. Legault.
La chef péquiste n'a pas chiffré ces demandes. Elle affirme toutefois qu'elles excèdent «largement» la somme de 200 millions $ présentée comme marge de manoeuvre par la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, dans le cadre des négociations budgétaires avec les partis d'opposition.
Mme Marois a affirmé que son parti entendait agir de façon responsable, mais que ses députés étaient prêts à agir «en conséquence de nos convictions» si le gouvernement ne répond pas aux besoins identifiés par le PQ.
Les péquistes, qui se disent ouverts à la poursuite des discussions budgétaires, n'ont pas donné de détails sur la manière dont le gouvernement du premier ministre Jean Charest devrait procéder pour aller chercher le financement nécessaire.
«Ils n'ont pas assumé leurs responsabilités. Ils ont été incapables de prévoir et complètement inconséquents, a dit Mme Marois. [...] C'est au gouvernement, qui a pris de mauvaises décisions, à assumer le tout et à trouver les solutions pour répondre à ces besoins.»
Elle a néanmoins regretté le fait que le gouvernement n'ait pas suivi la proposition du PQ, l'automne dernier, de récupérer l'espace fiscal libéré par la plus récente réduction de la taxe sur les produits et services décidée par Ottawa.
La semaine dernière, l'Action démocratique du Québec, qui forme l'opposition officielle, a déposé ses exigences budgétaires. Mme Jérôme-Forget a rapidement repoussé leur principale demande financière, soit une allocation familiale hebdomadaire de 100 $ pour les familles d'enfants en bas âge, dont le coût annuel s'élève à 900 millions $.
Mercredi, juste avant le point de presse du PQ, Mme Jérôme-Forget a indiqué que les deux partis d'oppositions avaient chacun formulé des exigences de plus de 1 milliard $ en contrepartie de leur appui au prochain budget.
En énonçant ses demandes par la suite, Mme Marois a réclamé des fonds pour l'accès aux services de garde et l'aide aux personnes âgées. Elle aussi demandé des sommes supplémentaires pour les universités, les cégeps ainsi que la lutte au décrochage scolaire.
Elle croit aussi que les secteurs forestier et manufacturier ont besoin du soutien du gouvernement afin que les entreprises puissent investir dans les nouvelles technologies.
Selon M. Legault, la réserve budgétaire de 1,1 milliard $ provient de la vente d'actifs d'Hydro-Québec au Chili, une transaction qui avait été inscrite au budget provincial de l'exercice 2006-2007.
«La ministre des Finances n'a aucune marge de manoeuvre pour l'année 2008-2009, a-t-il dit. On pense que le gouvernement Charest est en train de replonger le Québec dans les déficits et ça devient très difficile, à ce stade-ci, d'établir des demandes.»
Le porte-parole péquiste aux finances croit d'ailleurs que Mme Jérôme-Forget doit probablement prévoir des compressions qui lui permettent d'avancer la somme de 200 millions $ dans ses pourparlers budgétaires avec l'opposition.
Lors d'un premier point de presse mercredi, Mme Marois a affirmé que le budget fédéral, déposé mardi, place Québec dans une position difficile pour l'élaboration de son propre budget parce qu'Ottawa n'a prévu aucun crédit supplémentaire pour la province.}






