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La cinéaste montréalaise libérée d'Iran commente son épreuve

Le mercredi 06 février 2008

MONTREAL - La cinéaste montréalaise Merhnoushe Solouki, qui a été arrêtée et emprisonnée en Iran, estime que la campagne menée par un ami et un groupe de défense des journalistes a contribué à sa libération. Mais elle est loin d'avoir autant d'éloges pour les gouvernements français et canadien.

Détentrice de la double citoyenneté française-iranienne, la femme de 38 ans s'est rendue en Iran en décembre 2006 pour tourner un documentaire.

Arrêtée le 19 février 2007 alors qu'elle filmait dans un cimetière où sont inhumés les membres de minorités religieuses, en banlieue de Téhéran, elle a passé un mois en prison avant d'être relâchée, mais on l'a empêchée de quitter l'Iran pendant 10 mois dans l'attente de son procès. Le juge l'a finalement autorisée à partir.

Mme Solouki affirme qu'on l'a interrogée à plusieurs reprises pendant son séjour en prison, ses geôliers croyant qu'elle était venue en Iran avec l'aide du Canada pour dénoncer des violations des droits de la personne.

Elle a aussi dit que le consul canadien n'est pas intervenu pendant son séjour en Iran, tout en admettant qu'elle n'a jamais communiqué avec les autorités canadiennes, parce qu'elle craignait qu'un tel contact ne lui nuise auprès des autorités iraniennes.

Elle a parlé au consul la veille de son départ. «Je savais que l'ambassade canadienne était sous étroite surveillance et le moindre contact aurait pu se retourner contre moi.»

Cependant, un porte-parole du gouvernement a déclaré à La Presse Canadienne, mardi, qu'Ottawa était au courant de son cas.

«Des agents consulaires canadiens ont même été en contact avec Mme Solouki et lui ont rendu visite en prison le 28 mars 2007, et une fois de plus quand elle a été relâchée avant de quitter Téhéran», a affirmé Jeffrey Kroeker en entrevue.

Bien que Mme Solouki ne soit pas citoyenne canadienne, des représentants du Canada ont néanmoins été en contact régulier avec les représentants français qui suivaient son cas à Téhéran.

Merhnoushe Solouki est devenue résidente permanente du Canada en 2004.

M. Kroeker a aussi souligné que les ressortissants étrangers sont assujettis aux lois du pays où ils voyagent et que l'Iran ne reconnaît pas la double citoyenneté.

Mme Solouki a dit qu'elle a maintenu le contact avec l'ambassade française à Téhéran, et que celle-ci a suivi son dossier.

Sans remettre en question les interventions diplomatiques françaises, elle a émis des réserves sur «le courage» des diplomates français.

Dennis McCready, un ami de Mme Solouki qui a pris part à la campagne pour la faire libérer, a dit avoir été surpris de ne recevoir aucune réponse aux courriels qu'il envoyait à Ottawa. Il soutient que personne au gouvernement canadien n'a communiqué avec lui pour lui dire que les autorités étaient au courant de la situation.

La photojournaliste canado-iranienne Zahra Kazemi est morte en prison en Iran en 2003, après avoir été arrêtée pour avoir pris des photos à l'extérieur d'une prison, pendant une manifestation.

Selon M. McCready, cette tragédie pourrait avoir quelque chose à voir avec la situation de Mme Solouki. «Nous savons que les tensions entre l'Iran et le Canada au sujet de l'affaire Kazemi ne sont pas résolues.»

Mme Solouki estime qu'elle serait restée emprisonnée bien plus longtemps, n'eut été des pressions des médias et du groupe Reporters sans frontières.}

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