Deux Québécois sont arrêtés pour crimes sexuels commis en Haiti
Le jeudi 21 février 2008MONTREAL - Un travailleur humanitaire qui a déjà été comparé à mère Teresa est accusé, avec un autre Québécois, d'agressions sexuelles contre de jeunes pensionnaires d'un orphelinat à Haïti.
Les deux hommes, originaires de la région de Québec, sont Armand Huard, 64 ans, et Denis Rochefort, 59 ans.
Chacun devra répondre de plusieurs chefs d'accusation d'agressions sexuelles en vertu d'une loi rarement appliquée, qui autorise les poursuites internationales pour crimes sexuels impliquant des enfants. Selon la police, les allégations concernent 10 garçons pré-adolescents.Les deux hommes subiront leur enquête sur cautionnement à Québec, jeudi.
Le site Internet d'un organisme charitable québécois, Association Grandir, décrit Armand Huard comme un véritable «père Teresa québécois», et mentionne qu'il a travaillé pendant 12 ans en aide humanitaire. Toujours selon ce site, l'homme était, jusqu'à récemment, directeur d'un orphelinat hébergeant 75 enfants. Le site ne fait nulle mention de Denis Rochefort. Une demande d'entrevue auprès de l'organisme n'a obtenu aucune réponse, mercredi.
Selon le porte-parole de la Sûreté du Québec, le sergent Richard Gagné, la police haïtienne a reçu des plaintes, l'an dernier, selon lesquelles des enfants étaient victimes d'agressions sexuelles dans un orphelinat situé à Les Cayes. Elle a amorcé une enquête en 2007, avant de demander l'aide de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti.
«C'est la police haïtienne qui a eu vent de ces événements, et ils ont demandé aux Casques bleus, y compris aux officiers de la Gendarmerie royale du Canada, de les aider. Puis ils nous ont demandé de l'aide», a expliqué le sergent Gagné.
Les enquêteurs disent que Huard et Rochefort ont effectué du travail à caractère humanitaire à Haïti pendant plusieurs années.
Les accusations ont été portées en vertu d'une loi datant de 10 ans, visant la répression des pédophiles qui se livrent au tourisme sexuel à l'étranger. Cette loi n'a jusqu'à ce jour donné lieu qu'à une seule condamnation, ce que déplorent ses partisans.
Selon un universitaire et militant contre l'exploitation sexuelle des enfants, Benjamin Perrin, le Canada a l'une des pires performances en ce qui a trait à l'application de cette loi.
Dans la seule condamnation prononcée au Canada, remontant à 2005, Donald Bakker, un résidant de Vancouver, avait plaidé coupable à plusieurs accusations de crimes sexuels contre de petits Cambodgiens. Il avait été pris par des douaniers canadiens en possession de vidéos de certaines agressions.
Le cas Bakker et celui-ci sont le résultat d'une découverte accidentelle par des policiers, a fait valoir M. Perrin. Le Canada est une fois de plus entraîné dans une affaire, plutôt que d'appliquer activement la loi, a-t-il dit.
Bien que les poursuites intentées au Canada soient rares, une vérification du ministère canadien de la Justice a révélé que 110 Canadiens ont fait l'objet d'enquêtes en vertu de lois locales pour des agressions sexuelles d'enfants à l'étranger.}






