Un bogue de l'emploi à cause des retraites et de la baisse démographique?
Le vendredi 25 janvier 2008MONTREAL - Le milieu scolaire et de la formation parle carrément de «bogue» de l'emploi dès 2012, à cause des milliers de départs à la retraite et de la décroissance démographique du Québec.
Déjà, l'on éprouve un problèmes d'adéquation entre les besoins de main-d'oeuvre des entreprises et les inscriptions dans plusieurs programmes prometteurs.
«La décroissance de la population active des 15 à 64 ans va commencer vers 2012 au Québec et c'est la population en âge de travailler», a déclaré jeudi Patricia Richard, directrice générale des contenus chez Jobboom.«Entre 2011 et 2016, cette population-là va perdre 74 000 individus au moins. Donc, on commence un lent rétrécissement de la population active, combiné à beaucoup de départs à la retraite. Le bogue en question, c'est: où va-t-on trouver la main-d'oeuvre nécessaire, la relève qualifiée, alors qu'on a déjà des problèmes à avoir cette main-d'oeuvre?», a-t-elle ajouté.
Jobboom lançait jeudi son plus récent guide «Les carrières d'avenir 2008», en compagnie de représentants des cégeps et des commissions scolaires.
Dans plusieurs domaines, tant au secondaire qu'au collégial ou à l'universitaire, des programmes manquent d'étudiants et les employeurs s'arrachent les finissants.
A titre d'exemple, en Techniques de transformation des matières plastiques, il faudrait entre 100 et 200 diplômés par année pour combler la demande des employeurs. Or le seul cégep au Québec qui offre ce programme, celui de Thetford Mines, ne décerne que six à 10 diplômes par année.
Au palier universitaire, en ergothérapie, 180 offres d'emploi ont été faites aux 60 finissants de l'Université Laval.
Au secondaire, le Centre de formation professionnelle Léonard-de-Vinci à Saint-Laurent a décerné 60 diplômes en 2007 dans son programme d'installation et de réparation d'équipement de télécommunications. L'enquête de Jobboom révèle qu'une seule des entreprises sondées dans ce domaine avait 125 postes à pourvoir.
Le problème est multiple : méconnaissance des programmes prometteurs, préjugés contre la formation professionnelle et technique, volonté des parents que leur enfant obtienne un diplôme universitaire, etc.
Les efforts déployés depuis quelques années pour revaloriser la formation professionnelle et technique commencent toutefois à porter fruit, assure le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, André Caron. «Le pourcentage de jeunes inscrits en formation professionnelle augmente, très légèrement, mais il augmente», a-t-il indiqué, parlant de trois ou quatre pour cent d'augmentation depuis l'année dernière.
Jobboom cite plusieurs programmes de formation affichant un taux de chômage de moins de 5 pour cent. Parmi eux, on retrouve la conduite de grues, l'assistance technique en pharmacie, la pâtisserie de restaurant, la mécanique d'ascenseur, la technique d'inhalothérapie, les techniques de l'impression, les techniques de santé animale, l'adaptation scolaire au niveau du baccalauréat, ainsi que l'audiologie et l'orthophonie.}






