Rentrée parlementaire: quand le gouvernement conservateur tombera-t-il?
Le lundi 28 janvier 2008MONTREAL - Y aura-t-il des élections au printemps? La question est sur toutes les lèvres, alors que les travaux de la Chambre des communes reprennent lundi.
Après six semaines de pause, la troupe de Stephen Harper devra faire face à la musique et répondre aux questions des groupes d'opposition, qui promettent d'être acerbes, particulièrement au sujet du transfert des détenus afghans.
Depuis quelques jours, les critiques fusent de toutes parts envers les conservateurs, qui ont omis de dire, depuis plus de deux mois, qu'ils avaient cessé le transfert des prisonniers capturés en Afghanistan aux autorités afghanes parce qu'ils risquaient d'être torturés.L'affaire est suffisamment importante pour le député libéral, Denis Coderre, qui entend exiger la démission du ministre de la Défense nationale, Peter McKay, et celle du ministre des Affaires étrangères, Maxime Bernier.
Mais d'autres sujets risquent de faire l'objet d'attaques de la part des groupes d'opposition. L'économie sera sans doute au coeur des débats, alors que se profile aux Etats-Unis une récession économique.
Le gouvernement devra également rendre des comptes sur le congédiement de la présidente de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, Linda Keen, dans la foulée de la fermeture de la centrale de Chalk River, que plusieurs députés perçoivent comme une ingérence politique.
D'autre part, le plan d'aide aux secteurs manufacturier et forestier d'un milliard $, conditionnel à l'adoption du budget, fustigé par le Bloc québécois et le NPD, promet de rebondir aux Communes.
Le dépôt du budget, prévu dans moins d'un mois, sera sans doute le test ultime pour le gouvernement minoritaire de Stephen Harper. Tant le NPD que le Bloc ont affirmé être prêts pour d'éventuelles élections. Le chef bloquiste Gilles Duceppe a déjà émis une liste de six exigeances conditionnelles à leur appui au budget. Les mesures proposées, si elles étaient adoptées, nécessiteraient des investissements dépassant 15 milliards $.
Le chef libéral, Stéphane Dion, attend pour sa part de voir la teneur du budget proposé par les conservateurs avant de se prononcer.
Attaqué de toutes parts, le gouvernement risque d'être sur la défensive. Vendredi, à l'occasion du deuxième anniversaire de la prise du pouvoir du Parti conservateur, Stephen Harper a tiré à boulets rouges tant sur les libéraux que sur les bloquistes, prétendant que les électeurs en avaient assez des querelles provoquées par ses opposants.}






