Charkaoui craint d'être la cible d'une campagne de dénigrement
Le lundi 28 janvier 2008MONTREAL - L'apparition soudaine d'un rapport du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) décrivant Adil Charkaoui comme une taupe islamiste fait craindre au Marocain et à ceux qui le soutiennent une campagne de dénigrement, tout en soulevant des questions quant à la sécurité au sein de l'agence canadienne d'espionnage.
Plus tôt ce mois-ci, le directeur adjoint du renseignement au SCRS a reconnu en présence d'un juge d'une cour fédérale que l'agence avait récemment «découvert» un compte rendu d'une entrevue de M. Charkaoui faite en avril 2001.
Le rapport n'a pas été utilisé comme élément de preuve par le SCRS pour maintenir M. Charkaoui en état de détention en vertu d'un certificat de sécurité, en 2003, même s'il traite de sa soi-disant connaissance profonde de cercles d'islamistes extrémistes à Montréal.«Selon le [directeur adjoint du renseignement], il y a eu une erreur administrative ou de transcription lorsque le SCRS a transféré l'information de sa banque de données au dossier déposé à la cour», est-il possible de lire dans le compte rendu d'une audience à huis clos ayant eu lieu entre le responsable du SCRS, non identifié, et le juge Simon Noël, de la Cour fédérale.
Dans le rapport d'entrevue, il est question de la familiarité de M. Charkaoui avec les techniques de recrutement utilisées par le jihad dans les mosquées montréalaises.
«Charkaoui explique qu'il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus», est-il écrit dans le document.
«Un individu considéré par un recruteur comme ayant du potentiel sera amené à participer à certaines rencontres où il sera exposé à certaines activités ayant trait au jihad. L'individu est testé. Si on perçoit chez cet individu une faille quelconque quant à la sécurité qu'il doit respecter [...] il sera immédiatement expulsé du groupe.»
Le rapport fait surface alors que M. Charkaoui doit se présenter, jeudi, devant la Cour suprême, où il entend faire valoir ne pas avoir été traité avec justice parce que le SCRS a détruit les notes de dossier et les enregistrements de ses entrevues avec lui.
«Il est évident que ce document a été déposé pour nuire à ma réputation», a-t-il déclaré la semaine dernière, lors d'un entretien accordé au quotidien montréalais La Presse.}






