Les hôpitaux anglophones doivent soigner les francophones dans leur langue
Le vendredi 21 décembre 2007MONTREAL - Apprendre qu'on a le cancer est déjà une situation pénible. En être informé dans une langue qu'on comprend peu ou pas est une triste expérience où on se sent bien seul.
Subir un examen à résonance magnétique quand on est un brin claustrophobe n'est pas une sinécure, et d'entendre alors des instructions sans vraiment les comprendre ne vient qu'ajouter au stress.
Le Mouvement Montréal français (MMF) et la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM) ont dénoncé, jeudi, le fait que des francophones ne puissent être soignés dans leur langue dans des hôpitaux du réseau anglophone montréalais.Le président de la SSJBM, Jean Dorion, a dit avoir vécu une situation de cet ordre, ce qui l'a fait beaucoup réfléchir. Conduit en ambulance à l'Hôpital Royal Victoria, M. Dorion a vu entrer un médecin dans sa chambre, au bout de 20 heures, qui lui a demandé s'il parlait anglais.
«J'ai fait ce que la plupart des gens qui parlent anglais auraient fait à ma place : j'ai dit oui et j'ai été soigné en anglais. Je trouvais ça très humiliant. J'ai cinq enfants à la maison, ce n'était pas le temps de faire signer des pétitions dans le corridor. J'ai avalé et me suis retrouvé avec une prescription en anglais, des instructions en anglais», a-t-il raconté.
«Quand vous êtes à l'hôpital, vous n'avez aucun pouvoir de marchandage avec les gens qui vous soignent. Vous êtes inquiets et ce qui vous préoccupe c'est votre santé», a-t-il ajouté.
Aussi, le porte-parole de la SSJBM estime qu'il ne revient pas aux patients de porter le fardeau de réclamer d'être soignés en français, mais au gouvernement de faire en sorte que le français soit la langue de travail et de communications dans tous les hôpitaux. «C'est la seule façon de s'assurer d'être servis en français», a avancé M. Dorion.
Le Mouvement Montréal français et la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal somment donc le gouvernement du Québec de faire respecter le droit d'être soigné en français à Montréal. Ils réclament un retour à la loi 101 originale, afin que le français soit la langue de travail et la langue habituelle des services dans tous les hôpitaux du Québec, font-ils valoir.
À leur avis, le vent a tourné en 1983. «À la suite d'un lobbying intense du réseau des hôpitaux de McGill, la loi 101 a été modifiée et ces établissements ont gagné la possibilité d'embaucher du personnel qui ne parle pas français, à condition que l'hôpital s'engage à faire en sorte qu'il soit possible d'avoir les soins en français», a déploré M. Dorion.
La SSJBM et le MMF avaient réuni jeudi quatre autres Montréalais qui se plaignaient de n'avoir pu obtenir des informations dans leur langue quant à leur état de santé au moment où ils s'étaient retrouvés dans des hôpitaux et CLSC anglophones.}






