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Lacroix écorche Asselin dans sa version de l'affaire Norbourg

Le vendredi 14 décembre 2007

MONTREAL - Vincent Lacroix a présenté jeudi les 137 retraits irréguliers puisés dans l'argent des investisseurs comme «de la gestion de rattrapage» visant à combler un manque de liquidité de 300 000 $ et qui s'est terminée par des ponctions de 115 millions $.

Dans sa version de l'affaire Norbourg présentée au juge Claude Leblond, de la Cour du Québec, Lacroix a en outre profité de toutes les occasions pour écorcher son ancien vice-président responsable des finances chez Norbourg, Eric Asselin, et tenter de disculper son bras droit à l'administration, son cousin David Simoneau.

Reconnu coupable mardi d'avoir contrevenu à 51 reprises à la Loi sur les valeurs mobilières, Lacroix a offert un témoignage qui visait à convaincre le juge qu'il mérite une peine clémente, compte tenu de sa responsabilité partielle dans le stratagème mis au point pour camoufler ce qui était au départ «un calcul mal fait» par Simoneau, dans Norbourg gestion d'actifs, en 2000.

Lacroix a comparé cette «erreur de calcul» de 300 000 $ à la trajectoire suivie par une fusée dont le décollage ne s'est pas fait avec précision et qui, pour cette raison, rate sa cible.

«L'erreur en question, de 300 000 $, s'aggravait et empirait», a-t-il dit. Il a demandé à Simoneau de lui laisser régler le tout. «À 33 ans, tu penses que tu peux corriger cette situation, mais on a amplifié le problème», a-t-il ajouté.

Vincent Lacroix a fait face à un juge manifestement sceptique qui s'est tout de même montré imperturbable, attentif et intéressé, comme il le fait depuis 52 jours.

En fin de journée, le juge Leblond a tout de même tenté d'amener Lacroix à réaliser que sa thèse ne tenait pas la route. Il n'y est pas arrivé.

«Vous me dites que ça a commencé par un problème de 300 000 $ et que, pour réparer cette fuite, vous étiez rendu au 25 août 2005 à des ponctions de 115 millions $. Rendu à 115 millions $ puisés dans les fonds (Norbourg et Evolution), on pense encore à colmater? Personne n'a vu que ça n'avait pas d'allure, que ça n'avait aucun sens? Personne n'a pensé à arrêter l'hémorragie?», a demandé le juge.

Lacroix s'est alors lancé dans une longue explication voulant qu'il ne pouvait vendre les sociétés, une à une, mais les mettre d'abord en réseau pour en tirer un meilleur prix. «Il restait trois sociétés à amener sous la structure unique», ce qui, a-t-il dit, aurait pu lui rapporter quelque 30 millions $.

«Trente millions $, ce n'est pas assez pour couvrir les 115 millions $», a fait valoir le juge.

«On était sur la bonne voie, j'en suis persuadé», a répondu Lacroix.

En matinée, le dirigeant déchu de Norbourg s'est présenté comme une victime des circonstances et, jusqu'à un certain point, d'Eric Asselin, un ancien employé de la Commission des valeurs mobilières du Québec (CVMQ, ancêtre de l'Autorité des marchés financiers).

«Il était bien au parfum de ce qui se passait chez Norbourg dès son arrivée, en mars 2002», en sa qualité d'ex-inspecteur des états financiers de Norbourg pour la CVMQ, a avancé Lacroix.

«Asselin était un magicien avec les inspecteurs. Il leur remettait des documents manifestement erronés, comportant des erreurs assez élémentaires. Je ne sais pas ce qu'il leur disait ou faisait; les inspecteurs ne voyaient rien», a dit Lacroix.

M. Lacroix avait un message pour les cinq investisseurs venus raconter, mercredi, la détresse vécue à la suite de la perte de leur fonds de retraite dans Norbourg. À ceux qui on dit l'avoir trouvé froid, insensible, Lacroix a tenu à leur dire qu'il n'était «pas insensible», mais qu'il avait «peu d'émotions».

Il a rappelé la règle du milieu financier qui veut que «si tu es en finances et que tu tiens à avoir un ami, il vaut mieux acheter un chien».

Les représentations sur sentence se poursuivent vendredi et on devrait connaître la peine réclamée par l'AMF.}

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MEDLEY DISCO 62 BONEY M D.j. Serge Pare

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