Santé : Les milieux syndicaux et de gauche craignent la privatisation
Le lundi 05 novembre 2007MONTREAL - A la veille du Sommet de la santé du Collège des médecins, plusieurs groupes ont exprimé dimanche leur désaccord quant à une éventuelle privatisation des soins de santé au Québec.
La Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et le parti Québec solidaire ont tous souligné dimanche leur foi envers le système public.Les deux syndicats organisent d'ailleurs une manifestation à Saint-Sauveur lundi, où se tient la rencontre privée du World Health Executive Forum, surnommé «le Davos de la Santé», pour en dénoncer le caractère secret.
En conférence de presse à Montréal dimanche, le président de la FTQ, Henri Massé, a dit craindre qu'une fois que le Québec aura mis le doigt dans l'engrenage de la privatisation des soins de santé, il ne sera plus capable de s'arrêter.
Il a appelé à une seconde «révolution tranquille» dans le secteur de la santé pour que la province soit en mesure de conserver le caractère public de ses soins.
«La journée où on ouvrira [le secteur de la santé] au privé, on aura du mal à s'arrêter», a soutenu M. Massé.
«Les forces du marché sont là, il y a du monde qui veulent faire de la "business" dans la santé parce que c'est payant, autant au niveau des assurances que des cliniques privées.»
Il convient cependant qu'il faudra augmenter de 1 à 2 pour cent la proportion du PIB alloué à la santé dans l'avenir, compte tenu du vieillissement de la population. Le gouvernement du Québec consacre actuellement plus de 44 pour cent de son budget pour la santé.
Henri Massé entend proposer des solutions au cours du Sommet du Collège des médecins pour rendre le système plus efficace, comme la prolongation des heures d'ouverture des blocs opératoires, la gestion plus efficace des listes d'attente et une meilleure «synergie» entre les différents membres des équipes de travail des hôpitaux.
Dans un communiqué diffusé dimanche, la CSN émet elle aussi ses propositions pour permettre au Québec de maintenir un système public.
Un système moins centré sur les soins hospitaliers mais davantage sur les services offerts à domicile, plus de prévention et de plus grandes ressources pour les cliniques spécialisées publiques figurent parmi ses recommandations.
La présidente du syndicat, Claudette Carbonneau, croit que «les gouvernements doivent arrêter de continuellement baisser les impôts» pour plutôt investir en santé.
De son côté, le parti de gauche Québec solidaire, a dénoncé une privatisation «tranquille et sournoise», alors que les cliniques privées poussent comme des champignons.
Selon le porte-parole de Québec solidaire, le docteur Amir Khadir, la privatisation ne permettrait pas de réduire les coûts, bien au contraire. Le Québec dépense actuellement 10 pour cent de son PIB en soins de santé, contrairement à 15 pour cent pour les Etats-Unis, dont le système privé laisse plusieurs millions de personnes démunies sans assurances.
L'argument selon lequel les listes d'attente diminueront si on ouvre la porte au privé est un «lieu commun réfuté par de nombreuses études», dont celle, publiée par le New England Journal of Medecine, qu'il vient de faire parvenir aux membres de la Commission Castonguay sur l'avenir de la santé au Québec.
Jusqu'à la fin des travaux de la commission sur l'avenir des soins de santé, Québec Solidaire expédiera à chaque semaine une étude sur les effets néfastes de la privatisation de la santé, dans le cadre de son «club de lecture» à son intention.}








