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Rivière-Rouge est secouée par la disparition du soldat Lévesque

Le lundi 19 novembre 2007

MONTREAL - La ville de Rivière-Rouge dans les Laurentides, lieu d'origine du soldat Michel Lévesque, a été secouée samedi par la nouvelle de la mort d'un des siens en Afghanistan.

Le soldat Lévesque du Royal 22e et le caporal Nicholas Raymond Beauchamp de la 5e Ambulance de campagne ont été tués samedi dans l'explosion d'une bombe artisanale en Afghanistan. Trois autres soldats ont été blessés dans l'incident.

Lise Roy, qui demeure à deux maisons de la résidence des parents du soldat Lévesque, a indiqué que la famille était vraiment atterrée par la nouvelle.

«C'était vraiment, vraiment un bon petit garçon, a-t-elle déclaré. Et ce n'est pas parce qu'il est décédé qu'on dit des bonnes choses.»

Le fils de Mme Roy, Eric, était un ami d'enfance du défunt soldat.

Mme Roy a passé une bonne partie de la journée de samedi à consoler les parents du soldat Lévesque, Michel père et Elizabeth, qui avaient appris la nouvelle tôt samedi matin de responsables militaires.

Elle a dit qu'elle pensait à Michel Lévesque et à Kevin Chartrand, un autre soldat de la ville présentement en Afghanistan, à tous les jours depuis leur départ.

Les parents du défunt soldat, qui travaillent tous les deux pour la ville, n'ont pas retourné les appels samedi.

L'été dernier, des centaines d'habitants de la ville avaient participé à une fête pour souligner le départ des soldats Lévesque et Chartrand, vers l'Afghanistan.

Le père du soldat Chartrand, Charles, a été très secoué par la nouvelle de l'incident.

Il a dit que son fils était toujours en Afghanistan et qu'il aimait son travail, mais il a remis en question la mission canadienne dans le pays asiatique.

«C'est assez triste là, a-t-il dit. Si c'était pour une cause qui peut donner quelque chose...»

La mairesse de Rivière-Rouge, Deborah Bélanger, avait donné à M. Lévesque un drapeau de la ville pour qu'il le fasse flotter à Kandahar.

De retour à la maison il y a deux semaines pour un congé, le soldat lui avait montré des photos du drapeau hissé à un mât et agité par le vent afghan, s'est-elle rappelé.

Mme Bélanger se souvient d'un jeune homme dynamique dont la mort est une grande perte pour toute la ville. Elle a dit qu'il avait récemment annoncé ses fiançailles.

«On dit souvent que ça prend tout un village pour élever un enfant, a-t-elle noté. Je vous dirais que c'est tout la ville qui est en deuil présentement pour cet enfant.»

Selon le site internet Canoe.ca, Michel Lévesque avait déclaré, lors des célébrations l'été dernier, être bien préparé pour affronter les dangers d'une zone de combat.

«On nous a préparés au combat, mais c'est autre chose sur le terrain, avait-il dit. Nous le savons, mais nous sommes prêts, confiants en notre armée. Bien sûr que le danger est présent, mais c'est moins dangereux que sur la route.»

Il avait aussi dit que ce serait difficile de lire les lettres de ses proches.

«Six mois, c'est long», avait-il reconnu.

Nicholas Raymond Beauchamp et Michel Lévesque sont les 72e et 73e soldats canadiens tués en Afghanistan depuis 2002.}