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Québec rappelle le caractère criminel de la violence faite aux femmes

Le lundi 26 novembre 2007

MONTREAL - La ministre de la Condition féminine, Christine St-Pierre, a profité de la première journée d'action contre la violence faite aux femmes, dimanche, pour lancer la quatrième campagne de sensibilisation contre la violence conjugale.

Mme St-Pierre a rappelé que la violence conjugale n'était reconnue de façon criminelle au Québec que depuis 1987. L'année dernière, pas moins de 17 843 infractions contre la personne ont été commises dans un cadre conjugal, ce qui représente près de 22 pour cent de toutes les plaintes pour crimes contre la personne enregistrées par les corps policiers québécois.

«C'est assez difficile à croire, a déclaré Mme St-Pierre, mais il a encore une tolérance aujourd'hui sur la question de la violence conjugale et il faut briser cette tolérance.»

Pour ce faire, Québec relance une campagne de publicité crue, ayant pour thème : «La violence conjugale est un crime. Appelez votre service de police.» La publicité, qui montre un homme s'en prendre violemment à sa conjointe avant qu'un policier n'intervienne, a retenu l'attention des gens lors de son premier passage et c'est pourquoi le gouvernement a décidé de lui donner une seconde vie au lieu d'y aller avec une nouvelle campagne.

La publicité sera diffusée sur toutes les chaînes de télévisions québécoises, de nombreux sites Internet, en plus de 500 écrans de cinéma répartis à travers la province.

Pour la ministre, si le Québec est un leader mondial de la lutte à la violence conjugale et la violence faite aux femmes - les initiatives de la province sont copiées par plusieurs pays -, il n'en demeure pas moins que la lutte n'est pas terminée et qu'il faut en faire plus.

Pour cette campagne, le gouvernement s'est associé au Regroupement des maisons d'hébergement pour les femmes victimes de violence conjugale et à la Sûreté du Québec, mais également à des centres d'aides pour conjoints violents, qui viennent en aide aux conjoints ayant un comportement conjugal violent et qui veulent s'en sortir.

Au Québec, des 17 843 plaintes pour violence conjugales déposées en 2006, 84 pour cent ont été logées par des femmes, dont 87 pour cent étaient âgées entre 18 et 49 ans. Louise Riendeau, porte-parole du Regroupement des maisons d'hébergement pour les femmes victimes de violence conjugale, note que la moyenne d'âge des femmes qui dénoncent ces agressions est de 38 ans.

Selon elle, les jeunes femmes dénoncent plus rapidement un comportement violent chez leur conjoint car elles savent qu'elles seront crues et que la police interviendra, contrairement au tabou encore associé à la violence conjugale chez les femmes plus âgées.

Le nombre de plaintes déposées pour violence conjugale a triplé au Québec depuis 1987, année où la violence conjugale est devenue un crime dans la province, passant de 6500 à près de 18 000.

«Il est donc important que le gouvernement réitère sa détermination à contrer les différentes formes de violence faite aux femmes, dont la violence conjugale», a ajouté Mme St-Pierre.

Depuis 1999, l'Assemblée générale des Nations unies invite les gouvernements, chaque 25 novembre, à prendre des mesures afin de mettre un terme aux différentes manifestations de violence perpétrées contre les femmes. Depuis 2003, le début des Journées d'action contre la violence faite aux femmes a lieu à cette date. Elles se poursuivront jusqu'au 6 décembre, date de commémoration des victimes du drame de la Polytechnique.}
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