Infos

La Couronne affirme que Me Cliche agissait comme médiateur entre trafiquants

Le jeudi 01 novembre 2007

MONTREAL - L'avocat Benoît Cliche a déjà dansé avec Maurice "Mom" Boucher et d'autres clients qui étaient d'importants membres des Hells Angels.

Un jury va maintenant décider si l'avocat est allé au-delà des événements sociaux et de la représentation juridique et s'il a commis des crimes en agissant à titre de médiateur dans le cadre de différends relatifs au trafic de stupéfiants et en faisant dérailler des enquêtes policières.

Les cinq hommes et sept femmes membres du jury au procès de Cliche, au palais de justice de Montréal, doivent entreprendre leurs délibérations, ce jeudi, afin de décider s'il est coupable de gangstérisme, d'obstruction à la justice et d'assistance à une entreprise criminelle.

Au moment de présenter son plaidoyer final, mercredi, le procureur de la Couronne, Pierre Proulx, a parlé d'un avocat ne s'étant pas contenté d'offrir ses services de défense aux membres du fameux gang de motards.

Cliche était un ami d'enfance de l'un de ses clients, Steven «Bull» Bertrand, important membre des Hells Angels.

M. Proulx a évoqué une réception de mariage à laquelle à assisté Cliche en 1999.

«Il était très à l'aise dans cet environnement, même heureux», a raconté Proulx aux jurés.

«Il danse parmi un groupe avec "Mom" Boucher, il socialise avec ces gens, il mélange les rôles de père, mari et avocat.»

L'avocat de Cliche, Jacques Larochelle, a pressé le jury d'éviter de condamner l'accusé en raison de fréquentations à l'enfance ou de son choix de clientèle.

«Lorsque ces gens entrent dans son bureau, il ne peut les chasser», a affirmé M. Larochelle.

«Ces gens ne sont pas des parias, il peut aller au mariage d'un client, il n'y a là rien de particulièrement exceptionnel. Il y avait là un prêtre, la mariée a pleuré. C'était un mariage comme n'importe quel autre.»

Le procès de Cliche découle d'une série de rencontres lors desquelles, avance la Couronne, il a agi à titre d'intermédiare pour un réseau de trafic de cocaïne et de marijuana dirigé par Steven Bertrand.

La Couronne affirme que Cliche a servi de médiateur dans le cadre de différends entre trafiquants de drogue, parmi lesquels André Bernier, un informateur payé par la police.}