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La cause civile du meurtrier Valery Fabrikant reprend devant une autre juge

Le mercredi 21 novembre 2007

MONTREAL - La procédure entourant la cause civile du meurtrier Valery Fabrikant a repris, mardi, au palais de justice de Montréal devant un nouveau magistrat.

La juge de la Cour supérieure Nicole Morneau a pris le dossier là où son collègue Gilles Hébert l'a laissé, il y a une semaine jour pour jour, après s'être récusé, se disant incapable d'impartialité. Le juge Hébert était devenu excédé d'entendre les insultes et arguments qu'il jugeait frivoles de l'ancien professeur à l'université Concordia, de Montréal.

Fabrikant, âgé de 67 ans, purge une peine de prison à vie pour le meurtre de quatre collègues en 1992. Il réclame 600 000 $ à cinq anciens collègues du département de génie de l'université Concordia, qu'il accuse de lui avoir volé ses idées en signant des articles de Fabrikant auxquels ils n'auraient apporté aucune contribution.

Tous les articles académiques cosignés par Fabrikant n'ont en fait été écrits que par lui, mais il n'a pas osé se plaindre parce qu'il craignait de perdre son emploi, a fait valoir mardi le meurtrier.

Fabrikant s'est présenté comme un nouvel immigrant qui cherchait à plaire à ses collègues lorsqu'il est arrivé de Russie en 1979.

«Je suis arrivé dans ce pays, personne ne me connaissait ici et je devais montrer que j'étais un travailleur acharné et que j'avais une bonne connaissance de plusieurs choses», a affirmé Fabrikant à propos de son attitude initiale quant au partage de la signature des articles.

«Cela ne semblait pas aussi répréhensible à l'époque.»

Le climat était plus détendu mardi devant la juge Morneau qu'il ne l'avait été avec le juge Hébert.

Valery Fabrikant a notamment été contre-interrogé par l'avocat Jean-Francois Lehoux qui s'est surtout attardé aux détails entourant les recherches du demandeur, dont certaines remontent aux années 1980.

Les avocats des défendeurs ont ainsi demandé à Fabrikant s'il avait déjà été forcé d'apposer les noms d'autres personnes sur ses recherches.

«Aucune demande explicite n'a été faite, a admis Fabrikant. Mais s'objecter aurait été suicidaire.»

«C'était une question de survie. Ce jeu n'est pas apparu avec moi, c'est le jeu qui était déjà joué lorsque les fonds de recherche gouvernementaux sont arrivés.»

«J'étais une des personnes exploitées, je n'avais pas le choix.»

La juge Morneau a fermement imposé sa discipline à Fabrikant. Lors d'un échange vigoureux entre Fabrikant et Me Lehoux, elle a demandé aux interlocuteurs d'adopter un ton plus serein.

À la fin de la journée, la juge Morneau a aussi indiqué qu'elle ne tolérerait pas que Fabrikant l'interrompe en cour.

L'ex-professeur en génie avait déposé sa plainte contre les professeurs, qui n'étaient pas parmi ses victimes, en 1992, avant qu'il ne commette son quadruple meurtre.}