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Bob Gainey s'indigne des conclusions de l'enquête sur la mort de sa fille

Le mercredi 28 novembre 2007

MONTREAL - Bob Gainey rompt son silence, près d'un an après la disparition en mer de sa fille Laura, et raconte comment sa peine s'est transformée en colère quand une enquête a conclu qu'elle avait simplement été une «victime malchanceuse» lorsqu'une vague l'a balayée du pont du grand voilier Picton Castle.

Dans une entrevue remplie d'émotion accordée à La Presse Canadienne, le directeur général du Canadien de Montréal affirme ne pouvoir accepter la version voulant qu'on n'aurait pas pu faire grand chose pour empêcher la disparition de sa fille pendant une tempête dans l'Atlantique Nord.

«Ce qui s'est produit à la fin, c'est laid, ça sent mauvais, ce n'est pas correct, c'est malhonnête», a déclaré M. Gainey relativement au travail mené par une commission d'enquête mandatée par les autorités des îles Cook, où le navire est enregistré.

L'indignation de M. Gainey est alimentée par les conclusions diamétralement opposées auxquelles en viennent cette commission d'enquête et l'enquête menée par un officier à la retraite de la marine américaine, Andy Scheer.

M. Gainey dit avoir été stupéfait de constater que tous les problèmes de sécurité identifiés par M. Scheer, qui avait à l'origine été embauché par les îles Cook, ont été rejetés par la seconde commission d'enquête, notamment le fait que Laura Gainey n'avait pratiquement pas dormi depuis 20 heures avant sa disparition. Les deux documents, obtenus par la famille Gainey, n'avaient pas été rendus publics jusqu'ici.

Dans son rapport accablant, M. Scheer écrit aussi que les marins à bord du Picton Castle n'avaient pas été formés pour répondre aux urgences de type «un homme à la mer», que le navire manquait possiblement de personnel, et que les marins professionnels à bord étaient épuisés avant et pendant la tempête fatidique.

M. Scheer, un consultant en sécurité maritime qui habite la Floride, avait été embauché par les îles Cook pour enquêter sur la tragédie, mais cinq mois après le dépôt de son rapport, une nouvelle commission d'enquête a pris une direction complètement différente.

Ce second rapport, considéré comme «définitif» par les îles Cook, a conclu qu'il ne pouvait être prouvé que la fatigue de Laura Gainey avait joué un rôle dans cette affaire, que l'équipage était en poste pendant des quarts de travail «réguliers», que le nombre de marins à bord n'était pas problématique, et que l'équipage était «bien formé» pour réagir dans les cas d'«homme à la mer».

Ce rapport final, daté du 13 juillet, n'offrait aucune recommandation ferme pour améliorer la sécurité à bord. Une version légèrement amendée, publiée en août, recommandait l'utilisation de harnais de sécurité.

S'exprimant d'une voix posée dans son bureau du Centre Bell, à Montréal, Bob Gainey a exprimé clairement ses sentiments face aux conclusions de ce rapport.

«Par le biais de nos avocats, nous les avons contactés et nous leur avons dit : "C'est de la foutaise, ça ne nous plaît pas du tout"», a-t-il rappelé.

Questionné quant à savoir comment deux enquêtes pouvaient en arriver à des conclusions si différentes, le président de la commission d'enquête des îles Cook, Garth Broadhead, avait simplement déclaré avoir obtenu une «quantité gigantesque d'informations» après la publication du rapport Scheer. Il a toutefois refusé de fournir plus de détails.

M. Gainey affirme que sa fille n'était pas qualifiée pour effectuer les tâches qu'on lui demandait apparemment, qui étaient celles d'un marin professionnel. Elle ne détenait pas son accréditation canadienne, et elle n'avait pas non plus reçu la formation d'urgence normale pour les marins professionnels.

«Il n'y avait pas assez de membres d'équipage à bord parce que les gens étaient épuisés», a-t-il soutenu.

Malgré tout, le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BSTC) a relevé plusieurs «problèmes de sécurité» dans une lettre du 28 septembre et envoyée au ministre des Transports des îles Cook. L'agence fédérale mentionne notamment la fatigue de l'équipage, les règles concernant l'utilisation des harnais de sécurité et la formation en cas d'urgence.

Plus tôt ce mois-ci, le BSTC a annoncé qu'il mènera sa propre enquête, à la satisfaction de M. Gainey.

«Nous sommes très heureux de voir le bureau mener sa propre enquête et produire son propre rapport, et ce sera indépendant des rapports précédents, a-t-il dit, avant d'ajouter que la mort de Laura pourra devenir un "catalyseur malheureux" pour améliorer la sécurité à bord de ce genre de navire. C'est le devoir des responsables [de ces navires] d'offrir aux amateurs le genre de sécurité à laquelle ils pensent avoir droit quand ils montent à bord.»}
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