Vincent Lacroix s'est donné un mal fou à brouiller les pistes comptables
Le mercredi 17 octobre 2007MONTREAL - Vincent Lacroix, anciennement de Norbourg, a donné bien du fil à retordre à l'équipe de juricomptabilité chargée par l'Autorité des marchés financiers (AMF) de débusquer les traces de fraude dans les états financiers ainsi que dans les grands livres comptables des diverses sociétés Norbourg.
«Les traces étaient passablement brouillées. On a mis de très nombreuses heures à décortiquer tout ça», a avancé la juricomptable Guylaine Leclerc, mardi, au procès de Vincent Lacroix qui fait face à 51 constats d'infractions à la Loi sur les valeurs mobilières.«Je savais que nous étions dans un contexte de fraude et que tout ça partait de Northern Trust. Mais si quelqu'un arrive à froid, dans un contexte d'honnêteté, ce n'est pas la même situation», a-t-elle ajouté.
Un autre élément a mis les juricomptables sur la piste : un document trouvé par la GRC dans le bureau de Vincent Lacroix qui établissait «les avances de fonds» à Vincent Lacroix.
Mme Leclerc répondait ainsi à une interrogation du juge Claude Leblond, de la Cour du Québec, qui se demandait pour quelle raison quelqu'un qui veut frauder en garde la trace dans le grand livre comptable.
«Les entreprises n'ont pas le choix. Il y a des utilisateurs des états financiers, les banques, divers organismes, des institutions, des vérificateurs, même le ministère du Revenu, qui doivent examiner les livres».
Le juge a émis l'hypothèse que le maquillage des livres comptables visait à «ne pas éveiller les soupçons» du service de comptabilité de Norbourg.
Mme Leclerc n'a pu affirmer que tel était le cas, son équipe n'ayant pu interroger aucune des personnes travaillant à ce service interne de comptabilité.
«Ça peut être ça. Si les gens travaillaient en silos, que la gauche ne savait pas ce que faisait la droite et que les gens ne se parlaient pas, ça peut être une explication», a-t-elle dit.
Pour la juricomptable Leclerc, une chose est cependant sûre. Le processus en place consistait «à brouiller l'origine des fonds» qui, à la lumière de son témoignage, provenaient bel et bien des investisseurs.
Au cours de son témoignage en début de procès, son associé, l'enquêteur François Filion, avait établi que par le biais de 137 retraits «irréguliers» Vincent Lacroix aurait détourné à son profit 115 millions $, frustrant ainsi 9200 investisseurs.}









