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Pauvreté et logement: Harper s'en lave les mains, selon le FRAPRU

Le mercredi 17 octobre 2007

MONTREAL - Le plus récent discours du Trône du gouvernement conservateur a suscité plusieurs réactions.

Pour François Saillant, coordonnateur du Front d'action populaire en réaménagement urbain, le FRAPRU, «il est carrément insultant de se contenter de mots creux sur le logement et la pauvreté, la veille même de la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté».

L'organisme déplore que le gouvernement de Stephen Harper privilégie une fois de plus les baisses d'impôt qui ne profitent pas aux plus pauvres de la société. Il rappelle que, depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2006, le gouvernement Harper a déjà annoncé des baisses d'impôt totalisant 42 milliards $, tout en ne consacrant pas un sou à la résolution des problèmes de logement, outre les sommes qui avaient été votées sous l'ancien gouvernement.

«Pour le gouvernement Harper, tout continue de passer avant la lutte contre la pauvreté et les problèmes urgents de logement et d'itinérance», a ajouté M. Saillant.

Pour la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, M. Harper n'a fait qu'effleurer les sujets importants dans ce discours du Trône, sans jamais aller en profondeur.

«C'est le grand flou artistique, a-t-elle déclaré. Si on prend l'exemple de la forêt, les efforts faits par le gouvernement fédéral sont dérisoires et absolument pas à la hauteur des problèmes que l'on rencontre. Ils sont infiniment moindres que ceux qu'a pu faire Québec.»

Le discours du Trône a également fait état de l'impossibilité pour le Canada d'atteindre les objectifs de réduction de gaz à effet de serre en vertu du Protocole de Kyoto.

Le document de 19 pages, lu au Sénat par la gouverneure générale Michaëlle Jean, contient un passage où il est indiqué que «le Canada ne pourra pas réduire ses émissions de gaz à effet de serre au niveau prescrit par le Protocole de Kyoto pendant la période de conformité qui débutera le 1er janvier 2008, soit dans 77 jours».

Le porte-parole de l'organisme Equiterre, Steven Guilbeault, trouve inadmissible l'abandon par le Canada de ses engagements environnementaux.

«Sa réponse, c'est quoi? C'est de dire que nous ne ferons rien au cours des 18 prochaines années, a fustigé M. Guilbeault. Nous abandonnons une obligation légalement contraignante que nous avons de rencontrer les objectifs de Kyoto. C'est une catastrophe et je souhaite sincèrement que les partis d'opposition ne laisseront pas passer ça et soit amenderont ce discours, soit prendront les mesures nécessaires afin que M. Harper ne puisse pas abandonner le Protocole de Kyoto.»

Par contre, on se montrait plutôt satisfait de ce discours du Trône du côté du Conseil du patronat du Québec. Le président du CPQ, Michel Kelly-Gagnon, se félicite entre autres des intentions d'Ottawa quant à une réforme de la gouvernance en matière d'assurance-emploi et celles touchant les baisses d'impôt.

«Une des demandes traditionnelles du CPQ est d'aider la compétitivité des entreprises québécoises et canadiennes, notamment par la réduction du fardeau fiscal et ça semble être une des priorités, a déclaré M. Kelly-Gagnon. Qui plus est, on demande depuis longtemps une réforme au niveau de la gouvernance en matière d'assurance-emploi et à nouveau, au moins dans ses intentions, le gouvernement semble vouloir améliorer les choses.»

Même son de cloche à l'Association des manufacturiers et exportateurs du Québec, qui se félicite de l'intention d'Ottawa de s'impliquer davantage dans l'économie en prévoyant une aide aux entreprises, notamment en allégeant leur fardeau fiscal.

Selon son pdg Jean-Luc Trahan, cela devrait aider les entreprises exportatrices.

«Ça va certainement donner un coup de pouce. Ça ne veut pas dire que ça va régler tous les problèmes, car notre secteur est en mutation comme il l'est dans plusieurs autres économies. Il s'agit de rester concurrentiel et pour ce faire, le gouvernement reconnaît la problématique. Maintenant, quelle action va-t-il prendre, c'est là qu'est le grand défi», a dit M. Trahan.}