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Les adolescentes sont influencées par la violence verbale des enseignants

Le mardi 09 octobre 2007

MONTREAL - Les enfants, surtout les filles, pourraient être davantage portés à avoir des rapports sexuels avant l'âge de 14 ans s'ils ont été victimes de violence verbale de la part d'enseignants, révèle une étude.

Selon cette étude, qui portait sur 312 enfants d'une communauté rurale du Québec qu'on a suivis de la maternelle à l'âge de 23 ans, il y aurait également un lien entre le rejet par les pairs et les relations sexuelles précoces chez les filles.

«Les filles semblent souffrir davantage de ces expériences sociales négatives, note Mara Brendgen, l'auteure de l'étude. En général, les filles sont plus orientées vers les relations sociales, et en souffrent plus si ces relations tournent au vinaigre.»

Les chercheurs ont constaté que les enfants qui ont été invectivés, critiqués ou embarrassés par des enseignants en classe, au niveau primaire, avaient un risque accru de rapport sexuel précoce.

Ces étudiants abandonnent souvent les attentes normales et plusieurs se tournent vers la délinquance, affirme Mme Brendgen, qui enseigne la psychologie à l'Université du Québec à Montréal. «Souvent, ce sont les mêmes enfants qui sont délinquants, qui consomment de la drogue et qui s'engagent dans des comportements sexuels à risques.»

Les filles de moins de 14 ans qui sont sexuellement actives courent un risque accru d'avoir des partenaires multiples, ce qui augmente le danger de contracter une maladie sexuellement transmissible ou de tomber enceintes, ajoute-t-elle.

L'étude, publiée la semaine dernière dans le numéro d'octobre de l'American Journal of Public Health, indique aussi que les écoliers qui ont été critiqués ou ont fait rire d'eux par leurs pairs ont une plus faible estime d'eux-mêmes.

Selon Mme Brendgen, certaines jeunes filles utilisent les relations sexuelles pour rehausser leur estime de soi. Ces jeunes filles vivent la même expérience avec leurs enseignants et avec leurs pairs, en ce sens qu'elles sont vraiment humiliées publiquement, explique-t-elle.

Selon l'universitaire, entre 10 et 15 pour cent des enfants font régulièrement l'objet d'agressions verbales de la part d'enseignants, et le même pourcentage d'enfants sont victimes de rejet de la part de leurs semblables.

L'étude, qui a débuté en 1986, a été financée à l'aide de subventions des gouvernements fédéral et québécois.}