La police canadienne s'intéresse aux liens internationaux des gangs de rue
Le mercredi 31 octobre 2007MONTREAL - La police canadienne se préoccupe de plus en plus de la menace que posent les relations des gangs de rue avec des groupes criminels à l'étranger.
Par le passé, les policiers locaux ont souvent traité les gangs de rue comme un phénomène se produisant en vase clos, mais ils ont récemment adopté un autre point de vue, à mesure que les gangs s'organisent et se dotent de réseaux d'appui plus élaborés.Selon le chef du service de police de Toronto, le démantèlement des gangs de rue, par opposition à la simple perturbation de leurs activités, exige qu'on mette l'accent sur leurs contacts internationaux dans les milieux du trafic d'armes à feu et de drogues.
«C'est vraiment important pour nous d'être au courant de ces relations internationales et de les suivre, parce qu'elles représentent une menace plus grave pour nos communautés, a déclaré le chef William Blair, mardi, au cours d'une entrevue accordée à La Presse Canadienne alors qu'il participait, à Montréal, au Congrès international sur les gangs de rue. Cela facilite vraiment certains des crimes et des crimes violents dans lesquels les gangs sont impliqués.»
Les gangs de rue sont considérés comme une priorité pour la police et les politiciens dans les grandes agglomérations du Canada, notamment depuis les fusillades qui ont fait les manchettes et entraîné la mort d'innocents à Toronto et Vancouver.
Le caractère ethnique de la plupart des gangs en rend l'infiltration difficile, et la police craint maintenant que cela ne facilite leur accès aux armes et à des drogues comme la cocaïne et l'héroïne.
La police montréalaise s'apprête justement à entreprendre une importante étude en vue de retracer ce qui arrive aux membres de gangs, une fois qu'ils sont déportés. L'étude, qui sera menée en collaboration avec l'Université de Montréal, mettra l'accent sur les suspects de gangs de rue haïtiens qui sont renvoyés en Haïti. On ignore si ceux qui sont déportés se réorganisent là-bas, s'ils ont encore des liens avec des gens à Montréal, a expliqué Michelle Côté, chargée de la recherche et de la planification pour le service de police de Montréal.
Mais Isabelle Thauvette, officier du renseignement auprès du Service canadien de renseignements criminels, a tenu à préciser que peu de gangs de rue ont développé des réseaux étendus.
Le Congrès international sur les gangs de rue, qui réunit des centaines de policiers, d'experts et de décideurs, prend fin ce mercredi.}








