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Duceppe est prêt à aller en élections, sans dire s'il en souhaite une

Le mardi 16 octobre 2007

MONTREAL - A quelques heures du discours du Trône, le Bloc québécois semble fin prêt à aller en élections générales cet automne si le premier ministre Stephen Harper ne répond pas aux cinq conditions posées par le chef, Gilles Duceppe.

Le comité électoral du Bloc s'est réuni lundi dans ses quartiers généraux de Montréal pour discuter du plan de campagne et de son cadre budgétaire.

En point de presse, M. Duceppe a refusé de dire s'il souhaitait ou non des élections générales, se contentant d'affirmer que c'était M. Harper qui avait demandé la confiance de la Chambre en choisissant de prononcer un discours du Trône.

«On a posé des conditions, on maintient ces conditions», a déclaré le chef du Bloc. «Si elles ne sont pas remplies, on n'appuiera pas le discours du Trône. Si cela veut dire d'aller en élections, on sera prêts.»

Aux lendemains du conseil général du Bloc, au cours duquel l'identité québécoise a été au coeur de son discours, Gilles Duceppe a réitéré son intention de pousser les conservateurs à assumer les conséquences du vote de reconnaissance de la nation québécoise.

Il entend faire amender le Code du travail du Canada pour faire du français la langue de travail dans les sociétés d'Etat et les entreprises de juridiction fédérale implantées dans la province.

Selon lui, le Code du travail précise que le salaire minimum est celui décidé dans chacune des provinces «et ça devrait être la même chose pour la langue de travail [...] dans les secteurs touchés, par exemple dans les banques, les aéroports, les ports, les médias [nationaux]».

M. Duceppe a indiqué qu'il n'avait pas eu d'indice récemment à savoir si le premier ministre accepterait de se plier à ses conditions, mentionnant simplement l'avoir rencontré à la fin du mois d'août.

Ces exigences sont l'abolition du pouvoir fédéral de dépenser dans les champs de compétence provinciale, le respect du Protocole de Kyoto, la fin de la mission militaire en Afghanistan, le maintien de la gestion de l'offre ainsi que le règlement de la crise forestière.

Si des élections étaient déclenchées, les bloquistes seraient financièrement prêts. Quelque 2,5 millions $ se trouvaient dans les coffres des associations de circonscription en date du 31 décembre dernier, et ces associations ont entamé depuis quelques semaines une levée de fonds. Environ la moitié des candidats bloquistes auraient été trouvés et tous les députés bloquistes auraient signifié au parti leur intention de se représenter aux prochaines élections.

Les candidats devront cependant s'atteler à gagner des appuis, compte tenu de la progression du Parti conservateur dans les plus récents sondages. Une enquête Ipsos-Reid publiée samedi accordait 33 pour cent des intentions de votes au Bloc, contre 27 pour cent au Parti conservateur. La marge d'erreur du sondage est cependant élevée, à 6,6 points.

M. Duceppe a par ailleurs brièvement commenté la décision de l'ancien chef péquiste André Boisclair de quitter la vie politique. «On s'attendait à cela, je lui souhaite bonne chance dans la carrière qu'il poursuivra», ajoutant plus tard que M. Boisclair avait fait de son mieux et que le mouvement souverainiste ne reposait pas sur les épaules d'un seul homme ou d'une seule femme.}