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Des mises à pied sont annoncées chez les syndiqués de Global au Québec

Le vendredi 05 octobre 2007

MONTREAL - Sur la centaine d'employés de Global Télévision au Québec, de 40 à 45 perdent leur emploi, certains dès maintenant et d'autres en avril, a fait savoir le syndicat jeudi en fin de journée. Des mises à pied seront également faites ailleurs au Canada.

La direction a annoncé la mauvaise nouvelle à ses employés en début d'après-midi.

Selon les informations fournies par le porte-parole du Syndicat canadien de la fonction publique, Alexandre Boulerice, sept personnes perdent immédiatement leur emploi à Québec (un caméraman, un journaliste, deux recherchistes et des techniciens). Il en va de même pour les deux seuls employés à Sherbrooke. A Montréal, la trentaine de mises à pied décrétées par l'employeur prendront effet en avril prochain.

«Pendant des années, Global a dit à la Commission de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) vouloir investir au Québec, y produire des émissions locales. Global a l'obligation de produire localement 18 heures par semaine. On se demande maintenant comment ça va pouvoir se faire», a déclaré M. Boulerice.

Celui-ci avance que le bulletin de nouvelles de Montréal, à 18h00, sera amputé et que l'émission du matin sera supprimée.

Il dit avoir appris que la production des bulletins de nouvelles se fera désormais en partie à Montréal et en partie à Toronto, et que toutes les tâches de régie et de diffusion seront exécutées dans l'Ouest canadien.

«C'est une perte immense pour les Anglo-Québécois», a déclaré Anne Leclair, présidente du syndicat.

«On vient de sabrer dans l'offre de nouvelles locales produites en anglais au Québec», a-t-elle avancé par voie de communiqué.

Le syndicat verra au cours des prochains jours à identifier les moyens à mettre en branle pour contester ces décisions et minimiser les impacts sur les syndiqués.

De son côté, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec déplore qu'en ne laissant en poste qu'un seul journaliste et un seul caméraman à Québec, devant couvrir les activités de l'Assemblée nationale, les nouvelles locales seront laissées en plan.

«A Québec, la station CKMI, qui devait être le porte-étendard du réseau Global au Québec, avait déjà subi d'importantes coupures en septembre 2005. Son propriétaire, Global Canwest, avait alors décidé de transférer la production vers Toronto», signale la FPJQ dans un communiqué.

Global avait obtenu sa licence du CRTC en affirmant qu'il maintiendrait 75 employés à sa station de Québec lors de sa première année d'opération, et une centaine l'année suivante.

Citant un document interne de Canwest, la FPJQ soutient que les plans, d'ici 2008, consistent plutôt à produire et diffuser à partir de centres de production de haute technologie situés à Vancouver. Ceux-ci devraient assurer la production pour le matériel provenant du Québec et des Maritimes, Edmonton, Calgary et Toronto.

Au total, Canwest supprime 250 postes à travers le pays - dont 11 à Saint-Jean au Nouveau-Brunswick et 30 à Halifax -, mais crée en contrepartie 50 emplois pour développer son service de télévision haute définition. Il s'agit donc d'une perte nette de 200 emplois.

Canwest dit vouloir devenir une entreprise «d'avant-garde». La direction affirme que ces changements visent à améliorer l'efficacité en misant sur une technologie à la fine pointe. Elle entend notamment mettre en place un réseau à large bande qui permettra aux stations locales d'échanger plus rapidement leur contenu entre elles.}