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Dégel des frais de scolarité: des étudiants dénoncent Jean Charest

Le mercredi 03 octobre 2007

MONTREAL - Quelque 200 étudiants auront réussi mardi à retarder d'une heure le discours du premier ministre Jean Charest à HEC-Montréal, mais pas à le confronter directement.

M. Charest prenait part au colloque «Face à face des générations», dans le cadre du centième anniversaire de l'institution universitaire.

Pendant plus d'une heure, les manifestants ont scandé des slogans à l'entrée de l'atrium où avait lieu l'événement. Peu après 12h30, ils ont quitté dans l'ordre après que le service de sécurité leur eut demandé de sortir de l'édifice.

Sous la houlette de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et de la Fédération des associations étudiantes du campus de l'Université de Montréal (FAECUM), ils réclamaient le retour au gel des droits de scolarité. Plus tôt cette année, le gouvernement Charest les a plutôt augmentés, pour la première fois depuis 1994.

Le président de la FEUQ, Jean-Patrick Brady, a déploré que personne du gouvernement ne soit venu s'adresser aux protestataires.

«Alors qu'il y a des étudiants qui sont là pour lui parler d'équité intergénérationnelle, M. Charest décide, lui, que ça ne vaut pas la peine de parler à des jeunes, mais bien plus à une élite d'affaires», a lancé M. Brady.

Déséquilibre fiscal

Dans son allocution, le premier ministre a à peine évoqué la manifestation, préférant vanter les réalisations de son gouvernement.

Au sujet du déséquilibre fiscal, Jean Charest a assuré qu'il s'agissait d'un «dossier qui est à peu près réglé» depuis le budget fédéral de mars dernier.

Même s'il se trouvait dans une institution d'enseignement, il n'a pas cru bon de mentionner que les provinces réclamaient toujours plus d'un milliard de dollars par année d'Ottawa pour l'éducation post-secondaire. Mais selon son entourage, la demande est toujours valide et Québec espère que les conservateurs y répondront dans le prochain budget fédéral.

La ministre québécoise des Finances, Monique Jérôme-Forget, a discuté de la question avec son homologue fédéral, Jim Flaherty, lors d'une rencontre le mois dernier.

Selon la secrétaire générale de la FAECUM, Julie Bouchard, la hausse des droits de scolarité aura pour conséquence d'augmenter l'endettement de plus de 30 pour cent des étudiants universitaires bénéficiaires de l'aide financière.

La FEUQ représente 120 000 membres regroupés au sein de 15 associations étudiantes.}