Dallaire voit son témoignage comme faisant partie d'une mission importante
Le jeudi 04 octobre 2007MONTREAL - L'ancien général Roméo Dallaire a affirmé mercredi que son témoignage au procès pour crimes de guerre de Désiré Munyaneza, à Montréal, faisait à ses yeux partie d'une mission importante, après qu'il eut assisté au massacre de milliers de personnes, en 1994, lors du génocide rwandais.
L'avocat de la défense, Laurence Cohen, a mis à l'épreuve la mémoire de M. Dallaire et s'est attardé aux accusations de certains voulant que l'ex-général ait pris parti pour les Tutsis lors de la guerre civile ayant tourné au bain de sang et ayant fait entre 800 000 et un million de victimes, pour la plupart des Tutsis.M. Dallaire a donné des explications détaillées de la situation qui régnait sur place, alors qu'il tentait, à la tête d'une force des Nations unies, de faire la paix entre des rebelles tutsis déterminés et unis, d'une part, et un gouvernement hutu sérieusement divisé et ses milices meurtrières, d'autre part.
L'ex-général a souffert de dépression et a lutté contre des pensées suicidaires, à la suite de sa désastreuse mission, et il fait maintenant face à la situation au moyen de médicaments et en se soumettant à une thérapie.
Il a affirmé que le fait de témoigner valait le stress que cela lui occasionnait.
«Peu importe l'impact personnel, c'est un devoir», a affirmé M. Dallaire, après avoir livré son témoignage.
«J'estime que c'est mon devoir en tant que citoyen du Canada et du monde, a-t-il ajouté. Je veux m'assurer que le Rwanda et son génocide ne seront jamais oubliés.»
Munyaneza fait face à deux chefs d'accusation de génocide, deux chefs de crimes contre l'humanité et trois chefs de crimes de guerre dans le cadre de ce procès qui constitue une première en vertu de la Loi sur les crimes de guerre adoptée en 2000 par le Canada.
Aujourd'hui âgé de 61 ans, M. Dallaire s'était vu confier la direction de la mission de l'ONU visant à maintenir la paix entre les factions qui s'opposaient lors de la guerre civile rwandaise, lorsque les massacres ont commencé, en avril 1994.
Il avait lancé une mise en garde quant à l'imminence d'un bain de sang et avait à maintes reprises demandé le soutien de troupes étrangères, une fois les tueries lancées. Au lieu de cela, la majeure partie de sa force a été évacuée et il s'est retrouvé avec quelques centaines de soldats, au plus fort du génocide.}









