Amnistie internationale demande un moratoire sur les matraques électroniques
Le vendredi 19 octobre 2007MONTREAL - Amnistie internationale a renouvelé ses appels pour un moratoire sur l'utilisation des pistolets à impulsion électrique, ou Taser, après qu'un Québécois fut devenu la deuxième victime en moins d'une semaine à mourir après avoir été maîtrisé par un appareil du genre.
Quilem Registre, âgé de 38 ans, est mort dans la nuit de mercredi à jeudi dans un hôpital de Montréal.La police a indiqué que l'homme était en état d'ébriété quand ils l'ont arrêté pour une infraction au code de la route, dimanche, et qu'il est devenu agressif quand on l'a interrogé.
Les policiers ont alors utilisé un pistolet Taser pour le maîtriser et il s'est retrouvé dans une situation critique à l'hôpital.
Un membre de la famille de M. Registre, qui a demandé à ne pas être identifié, a déclaré jeudi à La Presse Canadienne qu'il était en état de choc.
L'utilisation des pistolets à impulsion électrique était déjà remise en question après un incident à Vancouver. Robert Dziekanski avait perdu la vie après avoir été maîtrisé avec un Taser à son arrivée à l'aéroport. La police recherche d'ailleurs des témoins qui auraient pris le même vol Francfort-Vancouver que M. Dziekanski samedi dernier.
La police québécoise a refusé quant à elle de commenter le dossier.
La directrice de la section québécoise d'Amnistie internationale, Béatrice Veaugrante, a soutenu que des recherches indépendantes devraient être menées sur la sécurité de ces armes.
«Nous pensons que cette arme est utilisée trop souvent contre des gens qui ne sont pas armés et qui ne sont pas menaçants», avance-t-elle.
Cependant, selon les chiffres du Centre canadien de recherches policières, les corps policiers de taille moyenne n'utiliseraient le taser que de 50 à 60 fois par année, en moyenne. Cette arme aurait été utilisée 51 fois par des officiers au Québec, l'an dernier.
Selon le directeur du Centre, Steve Palmer, plusieurs études internationales tendent à démontrer que le Taser est inoffensif.
«Nous ne parlons pas assez du nombre de vies qui ont pu être sauvées, des gens qui sont debout et peuvent marcher aujourd'hui, alors qu'il aurait pu en être autrement si une autre arme avait été utilisée à la place du taser», croit-il.
Or, les récents cas de mort ont miné la confiance populaire envers cet engin qui envoie une décharge électrique de 50 000 volts dans le corps du suspect.
Pas moins de 17 personnes seraient décédées des suites d'une décharge de Taser depuis 2003.
Un comité parlementaire québécois se penche actuellement sur l'utilisation des pistolets à impulsion électrique. Un porte-parole du gouvernement a indiqué à la Presse Canadienne que le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, avait dépêché le comité après l'incident de dimanche, à Montréal, pour qu'il révèle dès que possible son point de vue sur son utilisation.}








