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Accommodement raisonnable : Jean Charest tente de calmer le jeu

Le mardi 30 octobre 2007

MONTREAL - Le premier ministre Jean Charest a tenté de calmer le jeu dans les débats entourant la question des accommodements raisonnables en faisant publier mardi une lettre ouverte aux quotidiens québécois.

Si, dans sa lettre, M. Charest demande que le debat se déroule «dans le respect et la raison» et rappelle que le Québec était «réputé comme terre d'ouverture, de tolérance», il en profite aussi pour lancer quelques jabs à ses adversaires directs, Mario Dumont et Pauline Marois.

Il indique avoir confié le mandat d'étudier la question à MM. Bouchard et Taylor afin que «le débat puisse se tenir dans les meilleures conditions possibles».

M. Charest promet de «renforcer, dans [la] charte, la valeur d'égalité entre les femmes et les hommes pour mieux guider les décideurs et les tribunaux face aux demandes d'accommodements reliées aux différences culturelles». Il s'est aussi engagé à ce que le droit de vote ne puisse s'exercer qu'à visage découvert.

Le premier ministre, qui a lui-même contribué à ouvrir la boîte de Pandore en créant la commission Bouchard-Taylor, s'en est pris à ses adversaires politiques, les accusant entre autres de «se [nourrir] de préjugés plutôt que de les combattre». Il leur a aussi reproché de vouloir «jouer avec la réputation internationale du Québec».

Il dénonce le projet de loi sur l'identité nationale proposé par la chef du Parti Québécois, Pauline Marois, dans lequel il dit «ne pas reconnaître ce Québec confiant qui a conquis le monde [ni] ce que [les Québécois] incarn[ent] comme peuple: la générosité, la fierté, l'attachement inébranlable à l'égalité».

Il accuse aussi le chef de l'ADQ, Mario Dumont, d'avoir voulu se faire du capital politique en soufflant sur les braises de l'intolérance et en ayant affirmé que le Québec accueille assez d'immigrants.}