Un ex-agent de la GRC nie avoir comploté pour effrayer Alain Olivier
Le mercredi 19 septembre 2007MONTREAL (PC) - Un agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) à la retraite a affirmé mardi devant la Cour supérieure du Québec qu'une mise en scène qui pourrait avoir effrayé Alain Olivier n'était en fait due qu'à un malentendu.
Selon l'ex-agent Barry Bennett, qui personnifiait un gangster dans le cadre d'une opération sous couverture, si la présence d'obus de 9 mm dans un bateau ainsi que des traces de sang et un passager absent ont pu laisser croire à un sanglant règlement de compte, il ne s'agissait en fait que d'un malheureux concours de circonstances, amplifié par le sens de l'humour déplacé d'un informateur. Mais la version préliminaire d'un rapport de la Commission des plaintes du public contre la GRC en 1991 affirme plutôt qu'il s'agissait d'une mise en scène destinée à piéger Alain Olivier en lui faisant croire qu'un meurtre avait eu lieu. Aujourd'hui âgé de 47 ans, Olivier, en liberté conditionnelle, a intenté une poursuite de 47 millions $ contre la GRC et plusieurs anciens agents de la police fédérale, affirmant avoir été pris au piège et forcé de participer à une importante transaction d'héroïne qui lui a par la suite valu une peine de plus de huit ans de prison à Bangkok, en Thaïlande. En 1987, l'équipe inflitrée de l'agent Bennett était sur la piste de barons de la drogue de la côte Ouest et de leurs contacts internationaux. C'est l'informateur Glen Barry qui les a présentés à Olivier. Glen Barry avait décrit Olivier aux policiers comme un homme avec d'importantes sources thaïlandaises pour le commerce d'héroïne. L'équipe de la défense d'Olivier l'a plutôt décrit comme un «col bleu désargenté, un "junkie" qui dépensait tout son argent pour de la drogue». Quelques semaines après leur rencontre, M. Bennett a emprunté le bateau de l'informateur pour un voyage personnel entre Gibsons, en Colombie-Britannique, et l'île de Vancouver. Olivier habitait sur le bateau de M. Barry à l'époque. C'est ainsi qu'Olivier a vu M. Bennett quitter en bateau avec un homme, pour revenir seul quelques jours plus tard, dans une embarcation remplie d'éclaboussures de sang et de quelques capsules de projectiles d'armes. Glen Barry, un agent civil payé par la GRC, aurait alors dit à Olivier que Bennett avait tué l'homme parce qu'il avait «trop parlé». Selon Olivier, l'incident lui a inspiré une crainte mortelle de MM. Bennett et Barry. M. Bennett a témoigné mardi avoir ordonné à M. Barry d'informer Olivier que l'histoire n'était qu'une invention, «parce que ce n'est pas de cette façon que nous travaillions». Mais ce malentendu présumé n'a jamais été éclairci. Selon M. Bennett, les munitions n'étaient que les vestiges d'une pratique de tir effectuée au beau milieu du détroit de Georgia en compagnie de son frère. Aussi, M. Bennett croyait bien avoir nettoyé le sang de poisson qui aurait pu souiller le bateau après la partie de pêche à laquelle il avait participé. Quant au passager manquant, il se serait agi du frère de M. Bennett, qu'il aurait laissé sur l'île de Vancouver avant son retour. Finalement, sa rencontre avec Olivier au retour de son périple n'était que pure coïncidence, a-t-il ajouté. Incrédule, l'avocat d'Olivier, François Audet, a estimé qu'effectuer une séance de tir au milieu de l'océan ressemblait davantage à une activité à laquelle des jeunes de 15 ans auraient pu s'adonner, et non des agents de police. Il a aussi évoqué un précédent témoignage de M. Barry, qui a affirmé que l'histoire de meurtre avait été préparée «comme une mise en scène destinée à Olivier». Selon M. Bennett, Olivier aurait confirmé ses liens avec des traficants asiatiques d'héroïne dès leur première rencontre. «S'il avait dit: 'Non, non, non. Il y a erreur', nous serions partis», a assuré M. Bennett. }








