Pauline Marois réfute les allégations de The Gazette et poursuit le quotidien
Le vendredi 28 septembre 2007MONTREAL - La chef péquiste Pauline Marois estime avoir subi des torts majeurs et irréparables à la suite d'un article du quotidien The Gazette, paru le 22 septembre dernier.
Documents à l'appui, Mme Marois a nié en bloc, jeudi, l'ensemble des allégations à l'endroit de son mari, Claude Blanchet, et elle a confirmé qu'elle intentera des poursuites contre le quotidien.The Gazette avait laissé entendre que Mme Marois et M. Blanchet avaient reçu un traitement de faveur de la Commission de protection du territoire agricole pour obtenir le droit de construire leur résidence et que le couple avait érigé une structure sur des terres publiques comprises dans le périmètre de leur domaine de l'île-Bizard.
Le quotidien alléguait de plus que le couple avait payé un citoyen pour obtenir une fausse déclaration à l'effet qu'il avait demeuré sur leur terrain, ce qui leur conférait le droit d'y construire leur résidence à leur tour.
Mme Marois a d'abord expliqué que les terres publiques en question étaient situées à l'entrée du domaine, très loin de leur résidence, et qu'il n'y avait là aucune structure mais bien deux petits murets de pierre où sont fixées les grilles donnant accès à la propriété. Ces portions de terrain, où le couple détient un droit de passage pour se rendre chez lui, ont été expropriées en vue de l'éventuelle construction de l'autoroute 440.
Elle a précisé qu'un bail avait été conclu avec le ministère des Transports, propriétaire des terres, et que ce bail comprenait une autorisation pour ériger la grille et planter une haie.
Par ailleurs, elle a ajouté qu'elle et son mari n'avaient pas eu besoin d'une dérogation de la Commission de protection du territoire agricole pour construire leur résidence, puisque le terrain était habité par un citoyen en 1978, année de l'instauration de la Loi sur la protection des terres agricoles, leur conférant ainsi un droit acquis.
Elle a ajouté que le citoyen en question, Marcel Turcotte, avait lui-même fourni des documents et photos et fait plusieurs démarches pour démontrer qu'il habitait bel et bien le chalet qui se trouvait autrefois sur le terrain.
La Commission avait permis la construction de la résidence en septembre 1991 et Mme Marois a expliqué que son mari avait fait cadeau de 500 $ à M. Turcotte quatre mois plus tard, à Noël, pour le remercier de son aide.
Elle a cependant précisé que la Commission de protection du territoire agricole avait fait sa propre enquête et la chef péquiste a perdu patience lorsqu'une journaliste a suggéré qu'il pouvait y avoir apparence de trafic d'influence. Mme Marois a fait valoir que toutes les démarches avaient été faites par un de leurs amis, Henri Walsh, agissant comme intermédiaire, justement pour éviter de tels propos et que, de toute façon, la Commission n'avait accordé aucune dérogation, ne faisant que constater que le couple avait le droit de construire leur résidence sur ce terrain.
«Ce n'est pas du trafic d'influence, a lancé Mme Marois. Au contraire, pour éviter que ça en ait l'air, c'est Henri Walsh qui a acheté le terrain. C'est Henri Walsh qui a fait les démarches, parce que justement Pauline Marois et Claude Blanchet, ça pouvait avoir l'air de quelqu'un qui voulait profiter de ses privilèges pour obtenir une dérogation.»
Elle a ajouté qu'il aurait été inutile de payer M. Turcotte pour obtenir un document mensonger puisque de nombreux résidants du secteur étaient à même de témoigner que le terrain était occupé par un chalet et que quelqu'un l'habitait.
Elle a lancé, en fin de conférence de presse, que les chefs du Parti québécois avaient souvent eu la vie dure avec le quotidien anglophone montréalais.}








