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Michel Arsenault, du Syndicat des métallos, est le dauphin d'Henri Massé

Le mercredi 26 septembre 2007

MONTREAL - Michel Arsenault, 56 ans, actuel directeur québécois du Syndicat des métallos et vice-président de la FTQ, est le dauphin et probable successeur d'Henri Massé à la présidence de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec.

Il avait six ans lors de la grève «épouvantable» de 1957 à la Gaspé Copper Mines, à Murdochville en Gaspésie, où travaillait son père et où il a travaillé par la suite.

«Henri Massé est un ami, un compagnon de travail et mon mentor», a confié mardi M. Arsenault quelques minutes après l'annonce du départ imminent de M. Massé.

M. Arsenault est un syndicaliste de carrière. Au début des années 1970 et jusqu'en 1978, il a oeuvré dans les mines de Murdochville à titre de technicien en électricité tout en exerçant des activités syndicales.

«Murdochville a fait l'histoire du syndicalisme au Québec. Mon syndicat a pris 14 ans avant d'être accrédité. Il y a eu une grève épouvantable en 1957, j'avais six ans. Je m'en souviens très bien. C'était un peu comme une guerre civile», a-t-il dit.

Après Murdochville, il devient permanent syndical à Montréal pour une courte période, puis à Sept-Iles pour une dizaine d'années où il occupe le poste de coordonnateur régional à qui il revient de négocier les contrats de travail dans les mines de fer et de cuivre.

C'est dans ce contexte qu'il a croisé le fer avec le président d'Iron Ore, Brian Mulroney. Avec succès, assure-t-il.

«Nos conventions collectives sur la Côte Nord étaient et sont encore aujourd'hui lucratives. Les travailleurs de mines de fer gagnent des salaires supérieurs à la moyenne et ont d'excellents fonds de pension», a-t-il affirmé.

En 1989, c'est à Québec qu'il se rend, toujours pour le Syndicat des métallos. Après cinq ans, il se retrouve dans la région de Montréal. Il y est au moment du référendum dont le résultat l'a atterré.

«A la suite du référendum, j'étais un peu découragé du résultat. On était tous un peu frustrés. Quand on regarde l'histoire, on voit qu'on se l'ait fait voler.»

Il décide alors d'aller travailler au Canada anglais, à Toronto, «pour comprendre ce qui se passait.»

Il y demeure cinq ans, à titre d'adjoint du directeur canadien du Syndicat des métallos où ses activités à l'international lui ont permis de rencontrer des syndicalistes d'un peu partout sur la planète.

En décembre 2000, de retour à Montréal, il est élu directeur québécois du Syndicat des métallos, qui compte 60 000 membres. Il y est toujours. Il laissera ce poste s'il est élu le 30 novembre, ce dont il ne semble pas douter.

Le cas échéant, l'emploi dans les secteurs manufacturiers et forestiers sera sa priorité. Il est déjà prêt à vertement critiquer le gouvernement fédéral. Il est mou comme une guénille sur la corde à linge quand vient le temps de parler de libre-échange. «Il ne fait pas sa job», a-t-il soutenu.

Au gouvernement du Québec, il reconnaît le mérite d'«avoir donné un coup de main aux 55 ans et plus qui ont perdu leur emploi dans le secteur forestier au cours de la dernière année».

M. Arsenault a l'Action démocratique du Québec dans sa mire. Il trouve que certains députés sont trop inspirés par l'Institut économique de Montréal. «On va accentuer l'action politique, on va aller voir les députés dans chaque région», a-t-il avancé.

Côté famille, Michel Arsenault a un fils de 33 ans et une fille de 30 ans tandis que son épouse enseigne dans une école de secrétariat.

Il parle spontanément de son chien bulldog, une acquisition récente. Encore lundi, il a fait une promenade en sa compagnie jusqu'à minuit. Il y a fort à parier qu'il devait alors songer à l'annonce de son mentor Massé, suivie de celle de René Roy qui demeure au poste de secrétaire général de la FTQ et renonce ainsi à se porter candidat à la présidence.

A moins d'une candidature de dernière heure, la voie est libre pour que Michel Arsenault devienne le prochain président de cette formation syndicale qui compte au Québec plus d'un demi-million de membres.}