Métro de Montréal: Québec nous avait promis un appel d'offres, dit Alstom
Le vendredi 21 septembre 2007MONTREAL (PC) - L'ex-ministre des Transports Yvon Marcoux avait promis à Alstom, en 2005, que le fabricant français serait invité à participer à un appel d'offres pour le renouvellement des voitures du métro de Montréal.
C'est ce qu'a soutenu jeudi le président d'Alstom Canada, Pierre Gauthier, au premier jour du procès que son entreprise intente à la Société de transport de Montréal.L'appel d'offres n'a jamais eu lieu et Québec a choisi d'accorder le contrat de plus de 1,2 milliard $ à Bombardier Transport en mai 2006. Pour justifier sa décision de procéder de gré à gré, le gouvernement avait affirmé que Bombardier était le seul fournisseur de voitures de métro au Canada.
Alstom plaide au contraire qu'elle se qualifie aussi à ce titre, même si elle ne fabrique pas, à l'heure actuelle, de voitures de métro au Canada. L'entreprise fait valoir que l'expérience qu'elle a acquise dans ce domaine à travers le monde peut facilement être transférée à Sorel-Tracy et à Calgary, où elle a des installations.
Jeudi, les avocats du gouvernement du Québec ont tenté de faire admettre à M. Gauthier que le projet d'Alstom pour le métro montréalais faisait appel à de nombreux sous-traitants et que cette dépendance externe accroissait les «risques industriels». La différence par rapport à Bombardier est «marginale», a assuré le président.
Il faut dire que l'ancien ministre du Développement économique, Claude Béchard, penchait fortement en faveur de Bombardier. Sa circonscription électorale, Kamouraska-Témiscouata, comprend La Pocatière, où se trouve une usine de Bombardier qui profiterait largement du contrat, notamment en termes d'emplois.
Ni M. Béchard, ni celui qui lui a succédé au Développement économique en 2006, Raymond Bachand, ne se sont engagés à tenir un appel d'offres pour le remplacement des voitures du métro. Pour Québec, retenir Bombardier était le seul moyen de récolter les meilleures retombées économiques tout en obtenant «un juste prix».
Alstom Canada avait d'ailleurs proposé de s'allier avec Bombardier pour le projet, mais cette dernière, n'y voyant aucun intérêt, a rejeté l'idée.
Il est ressorti de l'audience, jeudi, qu'Alstom connaissait mal les règles entourant le principe de «fournisseur unique». Ce n'est qu'au printemps 2006, alors qu'elle s'apprêtait à contester la décision du gouvernement, que l'entreprise a commandé un avis juridique sur la question.
Un expert en transport ferroviaire retenu par Alstom, Piers Connor, a tenté de démontrer, en fin de journée, que l'entreprise disposait des installations nécessaires pour effectuer l'assemblage de voitures de métro au Canada.
Le procès se poursuit vendredi.}









