Les petits producteurs se réjouissent de l'abondance des récoltes
Le mardi 04 septembre 2007MONTREAL (PC) - Les petits producteurs agricoles sont pour la plupart satisfaits de leurs récoltes cette année, mais souhaiteraient que les consommateurs fassent davantage de place aux produits locaux dans leur panier d'épicerie.
Des agriculteurs interrogés lundi au marché Atwater, à Montréal, ont expliqué que les températures plutôt chaudes de cet été et une bonne dose de précipitations ont favorisé la croissance de la majorité des fruits et légumes.
Gilbert Jodoin, agriculteur à Saint-Amable, en Montérégie, explique que le temps chaud et humide a particulièrement avantagé les petits fruits et le maïs, mais que les tomates ont eu plus de mal. «Les tomates préfèrent le temps sec, et les pluies de cet été ont favorisé la maladie dans les champs. Pour la tomate, c'est une de mes pires années.»L'abondance des récoltes pourrait se refléter sur le prix à l'achat, selon certains producteurs. Mais il sera difficile pour les agriculteurs d'améliorer leur situation financière si les grossistes n'y mettent pas du leur en identifiant clairement la provenance des produits sur les étalages des supermarchés.
Car si les clients du marché Atwater peuvent avoir la certitude d'acheter des produits locaux, c'est une autre paire de manches pour les clients des supermarchés.
Benoît Tétrault, pomiculteur à Rougemont, en Montérégie, aimerait que les chaînes de supermarchés mettent davantage en évidence sur les tablettes les aliments produits par les agriculteurs du Québec.
«Si les pommes locales ne sont pas placées bien en vue à l'épicerie, le consommateur va simplement acheter ce qui lui semble beau à prix raisonnable», estime-t-il.
Leur choix s'arrête ainsi souvent sur la Granny Smith, une variété qui ne pousse pas au Québec, indique le pomiculteur. Selon lui, beaucoup de consommateurs ne se donnent pas la peine de se questionner sur la provenance des produits qu'ils achètent, et ne font leurs achats qu'en fonction du prix. M. Tétrault déplore la fermeture de plusieurs vergers de sa région.
Clarisse Caron, qui cultive 80 arpents à Mercier, près de Châteauguay, est quant à elle plutôt optimiste pour l'avenir de la production locale. «Les gens veulent connaître le nombre de kilomètres parcourus par les aliments», explique la dame, qui pense que les préoccupations environnementales des Québécois poussent les gens à faire leurs emplettes chez les producteurs locaux.
Pour Gilbert Jodoin, l'importation fait très mal aux producteurs québécois, qui ne sont pas en mesure de concurrencer les prix des produits importés. «Les coûts de production augmentent constamment: l'engrais, la location des terres, le pétrole, la machinerie... les tracteurs coûtent plus de 100 000 $, de nos jours.»
Pour convaincre ses clients d'acheter chez-lui malgré des prix plus élevés, il dit mettre l'accent sur la qualité de ses fruits et légumes. Il affirme n'utiliser les pesticides et fongicides qu'avec une grande modération. «Qui sait ce que les producteurs étrangers mettent sur leurs fruits et légumes?», se demande-t-il.}









