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L'Autorité des marchés financiers fait appel à une experte en écriture

Le jeudi 27 septembre 2007

MONTREAL - Pour ajouter à sa preuve contre Vincent Lacroix, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a eu recours à une experte en écriture dont le témoignage tend à démontrer que des documents signés par Vincent Lacroix pour justifier des retraits d'argent irréguliers ont été faits après coup.

Certains de ces documents comportent une seconde signature, de l'administrateur Robert Simoneau, de chez Norbourg, qui n'est pas la sienne.

Les documents en question sont de plusieurs ordres : des factures pour services professionnels, une résolution du conseil d'administration et des demandes de retraits chez Northern Trust qui était le gardien de valeurs des Fonds Norbourg.

On sait que Vincent Lacroix subit depuis 35 jours son procès pour avoir enfreint à 51 reprises la Loi sur les valeurs mobilières par des manoeuvres pour influer sur le cours des valeurs à son profit et par des informations fausses ou trompeuses transmises à l'AMF.

L'experte en question, Monique Boisseau, a expliqué mercredi au juge Claude Lebond de la Cour du Québec que c'est l'examen de l'évolution de la signature de Vincent Lacroix qui laisse croire que les documents ont été faits après coup. Son travail, réalisé à l'aide d'une loupe et d'un microscope, lui a permis de constater de grands changements entre 2000 à 2005 dans la signature de Vincent Lacroix.

En 2000, il signait son prénom et son nom au long. Avec les années, sa signature est devenue moins lisible pour prendre finalement l'allure d'un symbole formé des trois lettres majuscules VTL.

«C'est un peu curieux de sauter d'un style à l'autre», a soutenu Mme Boisseau.

Des documents signés par Lacroix en 2000 portaient une signature des années 2002 et 2003 et à l'inverse des documents des années 2002, 2003, 2004 et 2005 portaient une signature du type de l'année 2000.

Pour ce qui est de la signature de Robert Simoneau apparaissant au bas d'une résolution du conseil d'administration de Norbourg en octobre 2001, autorisant Vincent Lacroix et trois autres personnes à transiger pour le compte de ses clients chez CFG Futures Canada, l'experte en écriture a avancé que la première signature de Lacroix est authentique, mais non celle de Simoneau.

Mme Boisseau a tenu à dire qu'elle ne tirait aucune conclusion de ses constatations.

Le contre-interrogatoire de Vincent Lacroix n'a rien apporté de neuf. Plutôt que de tenter d'affaiblir le témoignage de l'experte, l'accusé a posé de multiples questions par lesquelles il obtenait davantage d'explications, sans plus.

Le procès se poursuit mercredi.}