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Francophonie, changements climatiques et accommodements pour Ségolène Royal

Le jeudi 20 septembre 2007

MONTREAL - Le questionnement actuel des Québécois sur les accommodements raisonnables est d'intérêt pour toutes les nations, estime l'ex-candidate socialiste aux présidentielles françaises, Ségolène Royal.

«Les questions aujourd'hui en débat au Québec autour de ce qu'on y appelle les accommodements raisonnables me paraissent essentielles. Ce sont des questions que se posent toutes les nations, toutes les sociétés que les vagues migratoires, la soif croissante des individus et les effets de la mondialisation poussent à actualiser leurs valeurs communes et leurs règles de vie», a affirmé la candidate défaite aux dernières présidentielles françaises.

Mme Royal, de passage au Québec en prévision des fêtes du 400e de la ville de Québec, a prononcé une allocution, mercredi, devant une salle bondée de l'Université de Montréal.

Elle s'est dite intéressée par l'expérience québécoise, parce que le Québec a su survivre dans un environnement majoritairement anglophone, tout en tentant de reconnaître ses composantes actuelles «sans heurter le besoin d'unité et de respect des valeurs fondatrices comme l'égalité, la liberté et la fraternité».

Mme Royal a reçu un accueil digne d'une vedette du cinéma américain, traînant derrière elle une suite d'une centaine d'étudiants qui cherchaient à croquer sa photo ou à l'approcher pour lui parler, la hélant par son prénom. Sa garde rapprochée avait peine à circuler dans les couloirs de l'université et dans les escaliers tant elle suscitait l'engouement. Une salle de débordement a dû être ouverte, les 750 places de l'auditorium dans lequel elle prenait la parole ayant vite été comblées, a-t-on indiqué à l'Université de Montréal.

Invitée par le Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal (CERIUM), Mme Royal a bien sûr abordé le dossier de la francophonie dans le contexte de la mondialisation, mais aussi celui, plus délicat, des changements climatiques.

«Je sais que le Canada et la France n'ont pas fait le même choix face au Protocole de Kyoto mais, depuis, la prise de conscience écologique s'est partout renforcée. Le monde a besoin du Canada», a-t-elle clamé.

Sur la question de la francophonie, Mme Royal a rappelé que, selon les prévisions, il y aura 300 millions de personnes qu parleront français en 2050. «Tous les francophones sont de cultures, de continents différents et ne s'opposent pourtant pas. C'est en cela que la francophonie peut devenir modèle d'un nouvel équilibre mondial.»

En tant que socialiste, elle s'est aussi intéressée au dialogue social qui a cours au Québec entre les différents partenaires de la société civile. Elle doit notamment rencontrer des gens du Fonds de solidarité des travailleurs (FTQ) et du Conseil consultatif du travail et de la main-d'oeuvre, un organisme qui favorise la concertation entre patrons et syndicats.

Mme Royal n'a pas répondu aux questions des journalistes.}