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Au procès de Munyaneza, la défense interroge la GRC sur ses méthodes

Le jeudi 06 septembre 2007

MONTREAL (PC) - La méthode employée par la Gendarmerie royale du Canada pour communiquer avec des témoins en vue du procès de Désiré Munyaneza - ce ressortissant rwandais accusé de crimes de guerre lors du génocide de 1994 - a été mise en cause, mercredi, alors que les avocats de la défense poursuivaient leur contre-interrogatoire du principal enquêteur.

L'équipe de la défense de Munyaneza a posé une série de questions très pointues à l'enquêteur de la police fédérale Guy Poudrier, espérant soulever des doutes sur la crédibilité de son enquête relative au génocide rwandais.

L'avocat Richard Perras a interrogé M. Poudrier au sujet du recours de la GRC à des associations de victimes du génocide pour l'aider à trouver des témoins.

«C'est très difficile, M. Perras, de prendre contact avec la communauté rwandaise [au Canada]», a répondu M. Poudrier au cours d'un échange acrimonieux. «Nous cherchions simplement des témoins.»

M. Poudrier a aussi eu à répondre à des questions visant à savoir s'il avait divulgué les noms des suspects de la GRC au cours de son enquête.

«L'avez-vous informé des noms de vos principaux suspects?», a demandé M. Perras en parlant d'un contact de la GRC au Rwanda.

«Je ne suis pas certain que nous ayons mentionné les noms, a dit l'enquêteur. Nous cherchions seulement de la documentation.»

La défense a aussi cuisiné M. Poudrier au sujet d'une séance d'identification qu'il a organisée pour 20 témoins rwandais. Me Perras lui a notamment demandé si les enquêteurs avaient tenu compte des différences physiques que plusieurs Rwandais disent voir entre Hutus et Tutsis.

«La race, l'apparence et l'âge ont été les principaux critères pour le choix des photos», a déclaré M. Poudrier.

Dans la première phase du procès, présidé par le juge André Denis, de la Cour supérieure, une série de témoins ont identifié Munyaneza comme l'auteur de viols et de meurtres au Rwanda en 1994. L'équipe de la défense espère maintenant faire ressortir des failles dans la cause de la Couronne.

Munyaneza fait face à deux chefs d'accusation de génocide, deux chefs de crimes contre l'humanité et trois chefs de crimes de guerre dans le cadre de ce procès qui constitue une première en vertu de la loi sur les crimes de guerre adoptée en 2000 par le Canada.}