Une enquête conclut que le moral des pilotes d'Air Canada est au plus bas
Le vendredi 03 août 2007MONTREAL - Une enquête menée par un chercheur universitaire de premier plan révèle que le moral des pilotes d'Air Canada est au plus bas.
Les résultats de l'étude sont même tellement inusités qu'ils feront l'objet d'un exposé dans le cadre d'une importante conférence sur la gestion des entreprises débutant vendredi, à Philadelphie.L'étude en question a été réalisée sous la direction du professeur Martin L. Martens de l'Ecole de gestion John-Molson de l'Université Concordia, à Montréal.
Un sondage auquel près de 900 pilotes d'Air Canada ont répondu a permis de mesurer leurs impressions relativement à la façon dont ils sont traités par leur employeur, ainsi que leur sens de justice et d'équité au travail, et leur dévouement à l'égard de la compagnie aérienne.
L'étude a démontré que les pilotes avaient à coeur de bien faire leur travail, mais le professeur Martens fait remarquer que les réponses témoignent par ailleurs d'un milieu de travail négatif, que les pilotes d'Air Canada sont démoralisés et qu'en général, ils ne font pas confiance à la direction.
Les chercheurs ajoutent que des études semblables ont été menées auprès d'employés de centaines d'entreprises et que jamais ils n'ont observé de résultats aussi négatifs.
Du côté des pilotes, on soutient que le rendement d'ensemble de l'entreprise doit sûrement en souffrir. Le capitaine Serge Beaulieu, de l'Association des pilotes d'Air Canada, dit que son organisme savait que le moral était bas, mais qu'on ne se rendait pas compte à quel point ça allait mal.
Il insiste sur le fait que les pilotes veulent faire leur travail comme il faut, en toute sécurité, mais qu'ils ne se sentent pas bien traités.
Les problèmes vont des violations quotidiennes du contrat de travail par Air Canada à un manque de respect généralisé à l'égard des employés, ajoute le capitaine Beaulieu.
Rappelant que ceux-ci ont fait des concessions se chiffrant à plus d'un milliard de dollars pour sauver l'entreprise de la faillite il y a quelques années, il souligne qu'aujourd'hui, les actionnaires et la haute direction sont récompensés tandis que les employés ne le sont pas.
L'Association des pilotes, qui compte 3100 membres, et les chercheurs de Concordia estiment que le rendement d'Air Canada y gagnerait beaucoup si la compagnie aérienne trouvait des façons d'améliorer un milieu de travail que plusieurs qualifient d'hostile.
L'exposé du professeur Martens, fondé en partie sur le sondage auprès des pilotes, compte parmi les plus importants à la conférence de l'Academy of Management, qui réunit plus de 10 000 universitaires spécialisés en gestion des entreprises.}








