Trois présumés agents provocateurs à Montebello étaient policiers de la SQ
Le vendredi 24 août 2007MONTREAL (PC) - La Sûreté du Québec a reconnu jeudi que trois hommes accusés par des manifestants de Montebello d'être des agents provocateurs - un incident capté sur vidéo et diffusé sur le site Internet YouTube - faisaient partie de ses rangs.
« Après avoir analysé son contenu, en plus de prendre connaissance des vidéos enregistrées par les corps policiers, [la Sûreté du Québec] est maintenant en mesure de confirmer que ces individus sont des policiers de la Sûreté du Québec », a indiqué le service de police provinciale dans un communiqué émis en soirée.
Sur la vidéo diffusée sur YouTube, les trois hommes, vêtus de noir et le visage recouvert de foulards, semblent tenter de créer un mouvement de violence pour que la police puisse intervenir. Tandis que l'un des trois agents tient une roche, d'autres manifestants les invitent à se calmer et les accusent éventuellement d'être des agents provocateurs. Plus tard, un des agents semble parler avec des policiers avant qu'on lui passe les menottes et qu'on l'emmène tranquillement plus loin.« [Ces agents] avaient le mandat de repérer et d'identifier les manifestants non pacifiques pour ainsi éviter les débordements, a précisé la SQ dans le communiqué. Les policiers ont été repérés par les manifestants au moment où ils ont refusé de lancer des projectiles. »
« En aucun temps, les policiers de la Sûreté du Québec ont agi comme agents provocateurs ou commis des actes criminels. De plus, ce n'est pas dans les politiques du service de police ni dans ses stratégies d'agir de cette manière. »
La Sûreté du Québec a refusé de commenter davantage l'incident, estimant que tous les détails se trouvaient déjà dans son communiqué.
Selon Philippe Archambault, l'attaché de presse du ministre québécois de la Sécurité publique Jacques Dupuis, le ministre a été mis au courant de cette histoire, mais il n'émettra aucun commentaire à ce sujet.
Indigné, le secrétaire-trésorier du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier, Gaétan Ménard, a déclaré que les agissements des agents de la SQ soulevaient plein de questions. « Qu'est-ce qu'ils faisaient là ? Pourquoi avaient-ils des roches dans leur main ? Pourquoi ont-ils bousculé [le président du SCEP] Dave Coles et un de nos confrères ? Qui a demandé que l'on infiltre la manifestation de telle façon ? Cela me dépasse » , a-t-il dit sur les ondes de NTR.
M. Ménard a accusé les politiciens d'être responsables de cette pratique policière. « J'ai l'impression que c'est une commande politique. On aimerait savoir quels sont les politiciens qui ont demandé que ces agents viennent nous infiltrer comme cela. »
Selon lui, tenter de provoquer les manifestants permet d'attirer l'attention sur les grabuges plutôt que sur les décisions prises pendant une rencontre au sommet.
M. Ménard a ajouté que son syndicat envisageait de porter plainte. « On sait que des policiers ont agi de façon cavalière avec nous. Va-il avoir des suite du côté juridique ? On veut aussi des réponses du côté politique. Qui a donné les ordres ? Qui a donné l'ordre que ces gens participent à la manifestation en étant vêtus de telles façon ? »
Plus tôt jeudi, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Stockwell Day, avait rejeté les appels pour qu'une enquête soit menée sur la présumée utilisation d'agents infiltrés par la police.
De passage à Winnipeg, M. Day avait soutenu qu'aucun des suspects n'était lié à la Gendarmerie royale du Canada et invité les gens à porter plainte directement auprès de la police fédérale ou de la SQ.
Les déclarations de M. Day n'avaient pas réussi à apaiser Dave Coles, qui a confronté les trois hommes lors de la manifestation pacifiste et les a accusés d'être des policiers.
« Cela semble être une trop grosse coïncidence; ces gars attaquent une ligne de police avec une roche et ils ne sont pas accusés. Les quatre autres manifestants arrêtés [au cours du week-end] ont tous été accusés » , a dit M. Coles.}








