Les sages-femmes réagissent au rapport du coroner Paul Dionne
Le vendredi 31 août 2007MONTREAL (PC) - La présidente de l'Ordre des sages-femmes du Québec estime qu'il n'y a rien à changer dans la pratique des 92 professionnelles québécoises. Dominique Porret a réagi ainsi au rapport du coroner Paul G. Dionne portant sur le décès d'un bébé naissant survenu le 21 novembre 2006, à Montréal, au moment d'un accouchement réalisé à domicile.
Le Dr Dionne parle pourtant dans son rapport «d'un certain laxisme dans l'application des lois qui régissent les sages-femmes». En outre, il se plaint de «la lenteur du traitement du problème par l'Ordre des sages-femmes du Québec» et de la lenteur du syndic de l'Ordre à faire connaître les conclusions de son enquête, notamment sur des problèmes d'aspiration et d'intubation qu'il lui avait demandé de mener dès le 23 novembre 2006.
« Il est de la responsabilité de l'Ordre de faire la lumière sur ce cas et de revoir cette mortinaissance. A l'examen de ce cas, l'Ordre doit se poser de sérieuses questions quant à l'application de la loi qui le régit et s'assurer d'un meilleur contrôle de la qualité de l'acte » , assène le Dr Dionne dans son rapport.Lors d'une conférence de presse jeudi, la présidente de l'Ordre a dit que sur les 16 recommandations faites par le coroner, « 12 font partie de la pratique des sages-femmes » .
Pour ce qui est des quatre autres, « il faut examiner de quelle façon elles ont été présentées pour pouvoir éventuellement les rappeler à nos membres. Ce sont plutôt des rappels que des choses à initier » , a indiqué Mme Porret.
« On a pris connaissance de ce rapport il y a très peu de temps. Ce sont des choses ponctuelles, précises et qui sont assez fines à déterminer. Il nous faut du temps pour les étudier. Ce n'est pas qu'on ne fasse pas les choses qu'il recommande, mais dans la façon qu'il a tourné les phrases, il nous faut voir comment en tenir compte et les propager à nos membres » , a-t-elle ajouté.
Le Dr Dionne a conclu dans son rapport que le bébé est mort avant de voir le jour en raison d'une asphyxie occasionnée par l'aspiration de liquide méconial, une matière pâteuse brunâtre provenant de l'intestin et qui constitue les premières selles d'un nouveau-né.
Le travail d'accouchement amorcé à 18h30 le 20 novembre s'est déroulé normalement jusqu'à 3h35 le 21 novembre, soit huit heures plus tard, quand les membranes se sont rupturées artificiellement et qu'est apparu le méconium.
Le Dr Dionne recommande que dès qu'on note la présence de méconium dans le liquide amniotique, il faut poursuivre l'accouchement dans un centre hospitalier doté d'obstétriciens et de pédiatres habiletés à prendre en charge les diverses aspirations d'urgence qui s'imposent. Même si le domicile se trouvait à deux minutes de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, l'enfant n'y a pas été transporté.
A 8h12, les sages-femmes ont noté une perte du coeur foetal. « Il n'y a pas eu d'épisiotomie (une incision permettant de sortir rapidement le bébé), malgré l'incertitude de la vie foetale » , a souligné le coroner. Les sages-femmes ont plutôt choisi de procéder à une intubation qui s'est révélée difficile. Le médecin appelé sur les lieux a constaté à son arrivée que la sonde n'était pas fixée, avait été mal positionnée ou s'était déplacée et n'avait pas été mise en place par une personne ayant les compétences adéquates pour le faire, a déploré le coroner.
Les 92 sages-femmes en exercice au Québec en 2006 ont fait 1456 accouchements. Sur les 191 menés à domicile, 38 se sont terminées à l'hôpital.
Il a été impossible de connaître le nombre de décès lors des accouchements réalisés par les sages-femmes. « C'est un chiffre que je n'ai pas sorti. Il y en a très peu, très très peu » , a soutenu Mme Porret pour qui « le recours aux services d'une sage-femme reste un choix absolument sécuritaire que les futures mamans peuvent faire avec la plus grande confiance » .}








