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Le présumé criminel de guerre Léon Mugesera veut être jugé au Canada

Le mercredi 01 août 2007

MONTREAL (PC) - Le présumé criminel de guerre Léon Mugesera, soupçonné d'avoir encouragé le massacre de Tutsis au Rwanda, a demandé à être traduit en justice au Canada, mais un porte-parole du ministère fédéral de la Justice a clairement fait savoir, mercredi, que cela était hautement improbable.

Mugesera, qui parvient depuis 12 ans à reporter à plus tard son expulsion dans son pays d'origine, souhaite que son procès pour crimes de guerre ait lieu au Canada plutôt qu'au Rwanda, où il affirme qu'il sera exécuté.

La famille de Mugesera a émis un communiqué, mercredi, afin de faire part de la requête du suspect.

L'avocat québécois de Mugesera, Guy Bertrand, a quant à lui affirmé que l'ancien professeur et militant hutu serait assassiné peu de temps après son arrivée au Rwanda, s'il y était expulsé par les autorités canadiennes.

L'éventualité d'une expulsion de Mugesera est devenue plus vraisemblable, la semaine dernière, après que le Rwanda eut aboli la peine de mort. Ottawa refuse d'expulser toute personne dans un pays où elle fait face à la possibilité d'être exécutée.

"Nous sommes convaincus qu'il sera exécuté en arrivant à l'aéroport", a déclaré M. Bertrand à la Presse Canadienne.

"L'attention a tellement été portée sur lui partout dans le monde qu'il ne se rendra même pas au procès, a ajouté l'avocat. Il devrait obtenir un procès au Canada."

Les autorités fédérales affirment choisir soigneusement entre poursuite au criminel et instance en immigration lorsqu'elles sont en présence d'un présumé criminel de guerre. Et il est peu probable qu'elles aillent à l'encontre du cours des choses à la suite d'une bataille de 12 ans.

"Dans le cadre de cette cause, la Cour suprême du Canada a par sa décision unanime (rendue en 2005) clairement affirmé la position du gouvernement qui est que Mugesera n'est pas acceptable pour le Canada pour avoir incité au meurtre, à la haine, au génocide, ou pour crime contre l'humanité", a affirmé Chris Girouard, porte-parole du ministère fédéral de la Justice.

M. Girouard a indiqué que le dossier demeurerait entre les mains des responsables de l'immigration, qui décideront s'il est sûr d'expulser Mugesera au Rwanda.}