Vincent Lacroix ne s'attaque pas aux accusations portées contre lui
Le mardi 05 juin 2007MONTREAL (PC) - Au troisième jour du contre-interrogatoire du témoin principal de l'Autorité des marchés financiers (AMF), l'accusé Vincent Lacroix n'a toujours rien fait pour tenter de convaincre le tribunal qu'il est faux de prétendre qu'il a manoeuvré pour utiliser à son profit 115 millions $ provenant des investisseurs dans Norbourg.
En lieu et place, il cherche à démontrer qu'il a été floué de 20 millions $ lors de l'achat des fonds Evolution, de Capital Teraxis, société détenue à 80 pour cent par la Caisse de dépôt et placement du Québec.Pour ce faire, Vincent Lacroix a passé toute la journée de mardi à demander au témoin Filion de lire des documents bancaires et comptables ainsi que des états financiers reliés aux fonds Evolution et à expliquer les différences qu'il voyait dans les données. Son but affiché: dépister des irrégularités dans la comptabilité des fonds Evolution.
Malgré tous les efforts déployés, Vincent Lacroix n'a pu convaincre le juricomptable de s'avancer ainsi. A de multiples reprises, François Filion a expliqué qu'il lui manquait des informations pour tirer les conclusions recherchées par l'accusé. "Il faut voir les opérations faites. Le compte en fidéicommis. Il y a plusieurs éléments à considérer avant de tirer une conclusion. Il manque un document de comptabilité pour pouvoir conclure", a soutenu le juricomptable.
Qu'à cela ne tienne, avec une détermination hors du commun, Vincent Lacroix change alors de documents et reprend de plus belle le même exercice, pour une autre période ou un autre fonds, avec le même résultat négatif. A un moment donné, l'accusé semblait même avoir perdu le fil. "Dans le feu de l'action, j'ai oublié si je vous ai posé la question", a-t-il dit.
L'avenue empruntée par Vincent Lacroix pour démontrer son innocence crée bien du scepticisme du côté des observateurs et représentants des médias. Ils ne sont apparemment pas les seuls. Le juge Claude Leblond de la Cour du Québec pose de moins en moins de questions, prend de moins en moins de notes. Sans aller jusqu'à suggérer qu'il s'en allait nulle part, le juge a fait remarquer à l'accusé qu'il obtenait toujours la même réponse du juricomptable. "Sur papier, on en arrive à un écart (dans le nombre de parts et le montant des retraits par exemple), mais il ne peut donner d'explications," lui a dit le magistrat.
Pour sa part, l'avocat de l'AMF, Eric Downs se contente d'émettre des réserves quant au dépôt souvent tardif de la documentation de l'accusé.
En mi-journée, à la sortie de la salle d'audiences, M. Lacroix avait pourtant indiqué aux journalistes intrigués par sa défense que des révélations étaient imminentes.
Le procès se poursuit mercredi pour une 16e journée.}








