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L'avenir politique de Charest pourrait se jouer cet été, selon des analystes

Le lundi 11 juin 2007

MONTREAL (PC) - Les questions sur l'avenir politique de Jean Charest se multiplient depuis la quasi-défaite des libéraux aux dernières élections. Et cet été pourrait être décisif pour la suite de sa carrière, disent des analystes.

Un récent sondage indiquant que 45 pour cent des Québécois verraient le ministre de la Santé, Philippe Couillard, lui succéder à la tête du PLQ n'a pas aidé la cause de Jean Charest.

Le sondage indiquait également que les libéraux traînent toujours derrière le Parti québécois et de l'Action démocratique du Québec dans les intentions de vote des francophones, ce qui ne laisse rien présager de bon pour les projets de vacances du premier ministre.

Selon Frédéric Bastien, de la chaire de recherche en études électorales à l'Université de Montréal, Jean Charest "doit repenser sa stratégie pour l'automne afin de se montrer plus conciliant". Ce n'est pas une question de communication ou d'image dans les médias, c'est une question de politiques, estime M. Bastien.

M. Charest aime rappeler le nombre de fois où il a été donné hors de combat. Aux élections de 1997, il a contribué à la renaissance du Parti conservateur fédéral, portant le nombre de sièges de ce parti de deux à 20. Au Québec, Jean Charest est toujours impopulaire dans les sondages, mais il a quand même réussi à se faire élire deux fois d'affilée.

La saga qui a entouré l'adoption du dernier budget garantit pratiquement que les Québécois retourneront aux urnes d'ici à un an, et les libéraux pourraient hésiter à se lancer dans une course à la direction avant la tenue de de ces élections.

"Les libéraux sont un peu plus conservateurs que le PQ pour ce qui est de leurs chefs", a commenté André Lecours, politologue de l'Université Concordia.

La plupart des libéraux, a-t-il dit, sont déjà sceptiques sur leurs chances de remporter les prochaines élections, avec ou sans Jean Charest. Ils voudront peut-être le laisser aller au sacrifice.

"S'il perd, alors tout le monde peut repartir à zéro."

La session actuelle prendra fin à l'Assemblée nationale d'ici à la fin du mois. Jean Charest aura ensuite plusieurs mois pour se ressaisir et développer une stratégie en vue des prochaines élections.

"Je crois que pour Jean Charest, c'est une bonne chose que nous soyons en juin et pas en janvier, a affirmé M. Bastien. Cela lui assure une période de deux à trois mois où ce sera plus calme."

Il n'aura peut-être pas beaucoup de temps pour se faire bronzer, mais un long été pourrait permettre à Jean Charest de trouver un remède à ses problèmes politiques.}