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Une crise du cancer menace le Québec, selon la Société canadienne du cancer

Le mercredi 11 avril 2007

MONTREAL (PC) - Le Québec se dirige tout droit vers une crise du cancer si des moyens considérables ne sont pas mis en oeuvre d'urgence pour éviter que le réseau de la santé ne soit submergé, prévient la Société canadienne du cancer.

L'organisme a souligné mercredi que malgré les avancées tangibles dans le traitement de la maladie, l'arrivée massive des baby-boomers à l'âge où les cancers apparaissent créera une vague de besoins auxquels le réseau ne saurait répondre dans son état actuel. Les premiers baby-boomers auront 60 ans cette année.

Les données rendues publiques par la division québécoise de la Société canadienne du cancer laissent entrevoir qu'il y aura 41 000 nouveaux cas au Québec en 2007, en hausse de 2700 par rapport à l'an passé, et 19 500 décès attribuables à la maladie, soit 400 de plus qu'en 2006.

"Comme le cancer est vraiment lié à l'âge, (...) on pense que dans les prochains 20 ans, la mortalité et l'incidence du cancer vont augmenter de beaucoup au Québec", a déclaré en conférence de presse le président par intérim de la Société canadienne du cancer, Division du Québec, Gilles Pineau.

Le Québec présente des taux d'incidence et de mortalité supérieurs à la moyenne canadienne, ce qui s'explique par un taux de tabagisme également plus élevé que celui du Canada.

Cependant, les provinces maritimes, où le taux de tabagisme est plus élevé qu'au Québec, présentent des taux d'incidence et de mortalité encore plus élevés.

Le cancer du sein chez les femmes et celui de la prostate chez les hommes demeurent les plus répandus, mais ce sont toujours le cancer du poumon et le cancer colorectal qui sont les plus meurtriers.

Le docteur Pineau s'attend à ce que 1,5 million de Québécois développent une forme de cancer au cours des 30 prochaines années. Rappelant que le cancer est toujours la première cause de mortalité au Québec et qu'il sera en forte croissance, il affirme que cette maladie doit demeurer la première priorité du système de santé.

La Société presse les gouvernements de ne pas relâcher la lutte contre le tabagisme, d'instaurer des campagnes percutantes en faveur du dépistage des cancers du sein, de la prostate et colorectal, de même qu'un programme de vaccination contre le cancer du col de l'utérus.

L'organisme ajoute qu'il est aussi essentiel de sensibiliser la population et les instances publiques à la nécessité de faire des choix santé et d'appliquer des politiques de santé publique, estimant qu'au moins la moitié des cas de cancer pourraient ainsi être évités.

Quant à l'ampleur des investissements qui seraient nécessaires pour mener une lutte efficace contre le cancer, le docteur Pineau se montre prudent.

"Je ne suis pas capable de vous donner de chiffres, dit-il. Mais je pense qu'on a estimé que pour les prochains 30 ans, ça va coûter dans les centaines de milliards de dollars (...). Qu'est-ce que ça veut dire en termes de budget pour l'année qui vient? Je pense qu'on va laisser ça à notre ministre de la santé."
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