Jean Lafleur se rend aux autorités à sa descente d'avion à Montréal
Le jeudi 05 avril 2007MONTREAL (PC) - Jean Lafleur s'est rendu aux autorités à sa descente d'avion à l'Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, jeudi matin, à Montréal.
L'ancien président de Lafleur Communications Marketing était recherché en vertu d'un mandat pancanadien pour fraude dans le cadre des malversations du programme fédéral de commandites.Les policiers de la Sûreté du Québec étaient sur place, peu après 1h00, à son arrivée du Belize, un petit pays d'Amérique centrale, pour procéder à son arrestation; son avion avait préalablement transité par Atlanta, aux Etats-Unis.
La SQ signale que M. Lafleur avait communiqué avec un substitut du procureur général du Québec mardi, le 3 avril, pour signifier son intention de se rendre aux autorités. Il comparaîtra en Cour jeudi après-midi, à 14h30, au Palais de justice de Montréal, où il sera formellement inculpé.
Jean Lafleur s'était fait remarquer lors des audiences de la commission Gomery pour ses pertes de mémoire. Il fait maintenant face à 35 accusations de fraude, totalisant près de 1,6 million $.
Les accusations, qui s'étalent sur une période de cinq ans, soit de 1996 à 2001, se rapportent à des contrats de commandite divers réalisés pour le ministère fédéral des Travaux publics et Services gouvernementaux. Lafleur Communication Marketing a obtenu pour environ 65 millions $ de contrats du gouvernement fédéral entre 1995 et 2003, et a empoché 36,5 millions $ en commissions, honoraires et dépenses de toutes sortes.
Jean Lafleur était recherché depuis vendredi dernier, 30 mars.
La Sûreté du Québec avait hérité de ce dossier à l'issue des travaux de la Commission Gomery par souci de transparence puisque la Gendarmerie royale du Canada qui s'occupe habituellement de tels cas avait obtenu une commandite du gouvernement fédéral traitée par Lafleur Communications Marketing.
Plusieurs se sont demandé pourquoi la SQ a mis tant de temps à déposer des accusations contre Jean Lafleur; la porte-parole de la force policière, Chantal Mackels, a expliqué en entrevue jeudi matin que le dossier a dû être repris du début, la SQ ayant eu à faire sa propre enquête pour prouver hors de tout doute chaque élément criminel.
Elle a précisé que plus de 300 rencontres de témoins ont été effectuées, que plus de 4250 fichiers électroniques ont dû être analysés, de même qu'au-delà de 200 000 pages de documentation comptable et autres. Mme Mackels a ajouté que le dossier était d'autant plus complexe que les faits remontaient jusqu'à la fin des années 1990.}









